• Peuple indien d'Amérique centrale fondateur d'une brillante civilisation précolombienne qui s'étendit sur les territoires actuels des États mexicains des Chiapas et du Yucatán, et sur ceux du Belize, du Guatemala et du Honduras. Aujourd'hui, les Mayas sont quelque 2 millions qui appartiennent au groupe linguistique maya. Dans les forêts tropicales du Petén et sur les terres arides du Yucatán, les Mayas ont, durant plus de deux millénaires, développé une civilisation prestigieuse. Au IXe siècle de notre ère, leurs cités furent peu à peu abandonnées, pour n'être redécouvertes par les explorateurs qu'à partir du XIXe siècle. Mais les peuples mayas ont su jusqu'à nos jours préserver leur identité, en dépit des invasions et des conquêtes.

    Les origines
    Un peuple stable Venus d'Asie par le détroit de Béring, comme tous les peuples américains, les Mayas s'installèrent à une date qui reste encore inconnue sur le territoire actuellement occupé par leurs descendants. On peut cependant affirmer que ce peuple, ou plutôt ces peuples – car il faut distinguer, d'après leur langue, les Chols, les Chortis, les Yucatèques et de nombreux autres (le maya lui-même regroupant 24 langues indiennes) – ont connu une stabilité exceptionnelle: en dépit des vicissitudes de l'histoire, les Mayas ne se sont pas déplacés depuis le IIe millénaire avant J-C.

    L'aire maya Amérique du Nord : économies et aires culturelles vers 1500 Leur territoire couvre le sud-est du Mexique, le Belize et le Guatemala, l'ouest du Salvador et du Honduras, entre 14 degrés et 22 degrés de latitude nord: tout le pays est donc tropical, mais cette uniformité n'est qu'apparente. L'aire maya est traditionnellement divisée en trois ensembles géomorphologiques: les hautes terres volcaniques méridionales, fertiles et tempérées; les basses terres centrales, bien drainées par de grands fleuves, comme le Motagua ou l'Usumacinta; le plateau calcaire aride du Yucatán, au nord, au drainage souterrain. Cette distinction doit être nuancée en raison de la diversité du relief, des sols et du climat. Les basses terres centrales sont entrecoupées de grandes vallées mais butent au sud-est sur les monts Maya. Le vaste plateau calcaire du Yucatán est interrompu par la chaîne de collines du Puuc. À cette variété de paysages correspond la multiplicité des manifestations culturelles locales: s'il existe effectivement une civilisation maya, on ne saurait sous-estimer la richesse de sa diversité intérieure.

    Une longue maturation



    Implantation

    Des traces d'occupation antérieures au IIe millénaire ont été identifiées dans les hautes terres (Los Tapiales), au Belize et au Yucatán (grottes de Loltún). Mais les plus anciennes maisons – avec, à proximité, des édifices publics – que les archéologues aient découvertes, à Cuello, ne datent que de 1000 avant J-C Ils ont reconnu aussi un motif en natte, généralement associé à l'idée de pouvoir et qui est donc l'indice d'une hiérarchisation sociale. Des objets en jade ou en obsidienne, minéraux importés de gisements lointains, prouvent l'existence d'échanges à longue distance. À cette époque, de nombreux sites sont occupés, comme Tikal, et les Mayas colonisent progressivement toutes les basses terres. Il est cependant difficile de définir la nature de leurs relations avec les civilisations voisines, les Olmèques par exemple: il semble que les centres des hautes terres du Sud, Izapa, Abaj Takalik ou Kaminaljuyú, aient hérité de certains traits olmèques, pour élaborer à leur tour leurs traditions (écriture, calendrier), mais les modalités de leur adoption dans les basses terres restent inexpliquées.

    Des cités autonomes Vers 300 avant J-C se produit un phénomène d'accélération: à la multiplication des sites s'ajoute une activité architecturale intense, signe d'un fort accroissement de la population. À Komchén ou à El Mirador, les habitants édifient de vastes plates-formes ou pyramides; à Cerros apparaissent les premiers terrains de jeu de balle. La voûte à encorbellement est utilisée à Tikal pour des tombes décorées de peintures. De grands masques en stuc ornent les façades, à Cerros ou à Uaxactún. Chaque site se développe de façon autonome, néanmoins on utilise partout la même céramique rouge, marque indéniable d'unité culturelle.



    L'époque protoclassique Des tensions se manifestent, peut-être dues à cette rapide croissance, entre 50 et 250 de notre ère, période traditionnellement dénommée «protoclassique». On ne sait si c'est à cause de difficultés internes ou s'il s'agit de conséquences d'une invasion, mais certains sites, comme El Mirador, Komchén ou Cerros, disparaissent définitivement, tandis que d'autres, Tikal ou Dzibilchaltún, s'imposent. Des cités déclinent provisoirement (Seibal) ou se fortifient (Becan). L'instabilité règne et bénéficie à certaines villes, par exemple Tikal, qui va désormais compter durant la période suivante, dite du «classique ancien».

    Vers un pouvoir dynastique En 292, Tikal érige la première stèle datée connue, revendiquant ainsi un pouvoir politique dominant pour sa dynastie, laquelle va imposer sa marque à une grande partie du monde maya. Le rôle de Tikal semble avoir été renforcé par les liens qui l'unissent à la grande métropole du Mexique central, Teotihuacán. Cette dernière cité, peuplée de 200.000 habitants environ, exerce alors son influence sur toute la Méso-Amérique, et on en trouve les témoignages tant dans les hautes que dans les basses terres, à Kaminaljuyú, Becan, Yaxhá ou Altun Ha. Mais Tikal jouit de rapports privilégiés: certains de ses dirigeants seraient alliés à des groupes mexicains, et l'appui de la métropole, qui se manifeste dans l'architecture, la céramique et la sculpture, n'est pas étranger au jeu politique de Tikal: alliances (avec Uaxactún) ou conquêtes (la dynastie de Río Azul est chassée et remplacée).

    L'apogée culturel Vers le milieu du VIe siècle, on note toutefois en territoire maya un ralentissement des activités, qui se traduit par l'interruption de l'érection de monuments datés. Cet arrêt marque la fin du classique ancien. Bientôt s'opère un renouveau d'activité architecturale et artistique, accompagné d'un fort accroissement de population: les grands sites se développent encore, d'autres sortent de leur léthargie, comme Seibal, et de nouvelles cités sont fondées. Autour de centres où abondent pyramides et monuments sculptés s'organisent des cités-États qui rivalisent de prestige. La culture maya atteint son apogée: il durera jusqu'au Xe siècle.

    L'écriture maya
    Les premières écritures



    Les glyphes L'écriture des Mayas est un système combiné de signes idéographiques et syllabiques. Chaque glyphe est composé d'un signe principal et d'affixes qui en complètent le sens. Ces glyphes peuvent être des noms, des verbes, et forment des phrases. Si beaucoup se rapportent à des actes ou désignent des chefs dynastiques, une part importante correspond au découpage du temps.

    Le calendrier En mathématiques, les Mayas utilisent trois signes: le point équivaut à un, la barre à cinq, et un coquillage symbolise le zéro. Ils comptent de 20 en 20, et, avec le zéro, utilisent une numérotation de position. C'est sur ces bases que fut élaboré un système de division du temps, par cycles et depuis un jour origine. Lorsque nous donnons une date, par exemple le lundi 1er janvier 1993, nous combinons plusieurs cycles, l'un de 7 jours, le deuxième de 28 à 31 jours, le troisième de 12 mois; et nous complétons par un nombre d'années écoulées à partir d'une année origine. Le calendrier maya est similaire: un premier calendrier rituel combine 13 chiffres et 20 noms de jours, soit 260 possibilités; un second calendrier, solaire, compte 18 mois de 20 jours, plus 5 jours néfastes, soit 365 jours. Avant que le même jour ne revienne dans les deux systèmes simultanément, il doit s'écouler 18?980 jours (approximativement 52 ans). Le dernier élément repose sur le nombre de jours passés depuis une date initiale, soit le jour 4 Ahau (calendrier rituel) 8 Cumku (calendrier solaire) de l'an 3113 avant J-C Comme pour nos unités, dizaines et centaines, les Mayas utilisent des subdivisions: le kin, ou jour, est l'unité de base; le uinal équivaut à 20 jours, le tun à 360, le katun à 7.200 et le baktun à 144.000. Les Mayas érigeaient régulièrement des monuments datés et inscrivaient des dates sur des stèles et des vases, signe de leur hantise du temps.

    L'économie du monde maya
    L'agriculture



    Comme les autres peuples du continent, les Mayas ignorent la métallurgie et l'élevage, et n'ont donc pas d'animaux de trait. Leur économie, proche de celle du néolithique, repose donc pour l'essentiel sur l'agriculture et la pierre taillée. L'agriculture sur brûlis est le système le plus courant: le paysan défriche un champ (la milpa) en saison sèche, puis brûle la végétation, la cendre jouant le rôle de fertilisant; le champ est ensemencé au début de la saison des pluies, et la récolte se fait à l'automne. Le même champ, vite épuisé, ne peut être cultivé que deux ou trois ans d'affilée, puis doit être laissé en jachère pendant plus de dix ans. Chaque cité avait donc besoin pour sa subsistance de vastes territoires, sinon elle ne pouvait nourrir qu'une population réduite. Or la dimension de la plupart des cités comme l'ampleur des travaux menés à bien en peu de temps font penser que ce mode de production ne pouvait suffire aux besoins. Les Mayas avaient mis au point des systèmes plus intensifs, comme l'agriculture en terrasses (à Caracol ou à Río Bec) ou en jardins potagers, autour des maisons: un site maya n'est pas une cité comme dans l'Ancien Monde, mais un habitat dispersé, sans rues, autour d'un noyau central fortement concentré. La chasse, la pêche, la cueillette constituaient des ressources d'appoint.
    Un fragile équilibre L'essentiel de l'activité économique se déroulait dans le cadre familial. Mais la fabrication de céramiques de luxe, la production de vêtements pour l'élite, la construction des édifices ou la sculpture suggèrent l'existence de catégories de spécialistes. Mais, surtout, la diversité du territoire s'accompagne d'une variété des ressources. Les zones côtières produisent du sel (et des salaisons), qui fait défaut à d'autres cités: la production doit donc être intensive. À Colha, la présence de gisements de silex permet la fabrication en série d'outils agricoles: de vastes ateliers y ont en effet été identifiés.

    En l'absence de roues ou d'animaux de trait, seuls le portage ou la navigation rendaient possibles les échanges, en faibles quantités ou sur de courtes distances. Le commerce à longue distance ne pouvait concerner que les produits de luxe, en faibles quantités également. La situation économique était donc stable, mais fragile, sensible à tout impondérable.

    La société maya
    L'organisation sociale



    À la simplicité de cette économie répondait une structure sociale complexe, fondée sur une organisation familiale patrilinéaire, une division sexuelle du travail et une répartition par secteurs d'activité. Les agriculteurs, c'est-à-dire la majeure partie de la population, se divisaient en paysans, serviteurs et esclaves. L'élite, de son côté, se répartissait en guerriers, prêtres, administrateurs et dirigeants. De plus, l'élite et le peuple ne formaient pas des catégories antagonistes, car des liens de parenté ou d'alliance unissaient dirigeants et serviteurs, chefs et paysans.
    L'organisation urbaine traduit assez bien cette unité, depuis les habitats dispersés de la périphérie, construits en matériaux périssables, jusqu'au cœur des sites regorgeant d'édifices prestigieux, où réside l'élite: la plupart des grands édifices, pyramides ou palais, sont associés au lignage dirigeant, et la pyramide principale abrite fréquemment le tombeau d'un chef ou d'un ancêtre.

    La cosmogonie maya

    Plus qu'un culte à des dieux (les Mayas ont une multiplicité de divinités, qui reçoivent pour symboles cultuels des éléments naturels: sources, nuages, vent, etc.), la vie religieuse et ses manifestations semblent liées au culte des ancêtres. Les stèles ou inscriptions de Copán, par exemple, représentent le roi, entouré de ses ancêtres et de son lignage. Les tombeaux et les pyramides sont les signes architecturaux du pouvoir d'une dynastie, et les peintures murales, telles celles de Bonampak, glorifient ses actions. La cosmogonie maya est le reflet d'une vision du monde pessimiste (à la tête du panthéon maya se trouve Chac, un dieu zoomorphe qui se plaît aux sacrifices humains) – dont témoigne le Popol-Vuh – et d'une conception de l'histoire fondée sur une succession d'ères ponctuées par des déluges ou des incendies, et que l'on découvre dans les chroniques du Chilam-Balam. Le roi, par les rites et par ses actes, assure la pérennité du monde.



    Divisions et décadence

    Dans un univers instable et jugé tel, en l'absence d'une technologie élaborée et confrontés à une croissance de population permanente, les Mayas n'ont pu faire face au destin qu'ils redoutaient tant. La guerre et les crises internes ont entraîné la décadence puis la chute de leurs cités. Grâce à leurs capacités d'adaptation ou à des apports étrangers (les Toltèques), certaines régions ont, un temps, échappé au sort commun, comme les cités du Puuc, Uxmal, Sayil ou Kabah. Au postclassique, Chichén Itzá a même pu être, pour une brève période, à la tête d'un véritable État. Mais les cités du Yucatán furent à leur tour frappées par les conflits. Chichén Itzá fut abandonnée vers 1200, puis Mayapán; ensuite le Yucatán se divisa en provinces rivales autour de centres mineurs, Tulum ou Tayasal.

    Quand les Espagnols tentèrent de pénétrer au Yucatán, la division régnait, mais la conquête n'en fut pas facilitée: le Yucatán ne fut soumis qu'en 1540, Tayasal tomba en 1697. Un siècle et demi plus tard, les insurrections de la guerre des castes montreront le caractère superficiel de la conquête.


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  • Les Incas étaient à l'origine une petite tribu guerrière qui résidait dans une région de plateaux au sud de la Cordillera Central au Pérou.
    Inca (Quechua inka, "Fils du Soleil"), nom des souverains du peuple quechua, au Pérou (vallée de Cuzco), qui établirent un empire sur la cordillère des Andes (Amérique du Sud) du milieu du XVe siècle à la conquête espagnole en 1532. Le terme désigne également la population de ce royaume, ainsi que celles qui lui furent soumises.

    Au XIIe siècle, ils commencèrent à se déplacer dans la vallée de Cuzco, où ils soumirent les peuples voisins et leur imposèrent un tribut durant trois siècles. Il fallut attendre le milieu du XVe siècle pour que les Incas entreprennent de consolider et d'étendre leur domination sur la région. Avant cette date, leur plus grande avancée les avaient amenés à environ 30 km au sud de la capitale Cuzco, sous le règne du sixième empereur Inca Roca, qui vécut au XIVe siècle. L'expansion commença véritablement sous le règne du huitième empereur, Viracocha, qui vécut au début du XVe siècle. Cependant, l'empire atteignit son étendue maximale sous le règne du fils de Túpac, Huayna Cápac (v. 1493-1525). En 1525, le territoire contrôlé par les Incas comprenait la partie la plus méridionale de la Colombie, l'Equateur et le Pérou, jusqu'à la Bolivie en incluant une partie de l'Argentine et du Chili du Nord. L'empire s'étendait sur près de 3 500 km du nord au sud et sur 800 km d'est en ouest. On estime que le nombre d'habitants de cette immense région, issus de peuplements très divers, était de l'ordre de 2,5 à 16 millions.

    Huayna Cápac mourut en 1525 sans avoir désigné son successeur, ce qui entraîna la division de l'empire. C'est à ce moment critique que le conquistador espagnol Francisco Pizarro débarqua sur la côte accompagné d'une troupe d'environ 180 hommes pourvus d'armes à feu.



    A l'apogée de leur puissance, les Incas avaient développé un système administratif et politique sans équivalent parmi les sociétés amérindiennes. L'État inca était une théocratie fondée sur l'agriculture, organisée selon un système rigide de castes et dominée par le tout-puissant Inca qui était vénéré à l'égal d'un dieu vivant. Au-dessous de l'Inca, dans l'ordre décroissant de rang et de pouvoir, se trouvaient la famille royale et l'aristocratie, les administrateurs impériaux et la petite noblesse, puis la grande masse des artisans et des fermiers.

    Du point de vue administratif, l'empire était divisé en quatre grandes régions. Ces régions étaient subdivisées en provinces et en diverses autres unités socio-économiques de moindre importance, dont la plus petite était la propriété familiale étendue, connue sous le nom de ayllu. La mise en culture des "ayllus" - pratiquement autosuffisantes - était strictement contrôlée par l'État.

    Le contrôle rapproché qu'exerçaient les administrateurs impériaux sur l'empire, qui allait jusqu'à déplacer des populations entières pour les implanter dans une nouvelle région pour des raisons économiques ou politiques, fut en grande partie rendu possible par ce système de communications d'une efficacité remarquable.

    L'empire inca, l'une des civilisations les plus bureaucratisées ne possédait cependant pas d'écriture. Ses fonctionnaires utilisaient à la place un système basé sur les noeuds de différentes sortes de laines en des en plusieurs couleurs. Les messages qui en résultaient ou " quipus " servaient à enregistrer toutes les marchandises qui entraient ou sortaient des entrepôts de l'états. Ils ne pouvaient être établis ou décodés que par des administrateurs formés. La plupart des quipus étaient de simples rapports comptables, utilisant le système décimal. D'autres servaient apparemment d'aides pour se souvenir ou raconter des histoires et des formules religieuses, et sont de nos jours indéchiffrables.



    Le gouvernement de Cuzco parvint néanmoins à garder un contact étroit avec la marche des affaires de l'empire grâce à une organisation très élaborée. Un réseau complexe de routes pavées qui reliaient toutes les régions de l'empire accéléraient les communications; des coureurs entraînés qui se relayaient pouvaient parcourir jusqu'à 400 km par jour en suivant ces routes.

    Les routes incas reliaient les terres de leur vaste royaume, les incas s'appuyaient sur un réseau routier exceptionnel. Plus de 25 000 kilomètres de voies royales, empruntées uniquement par les voyageurs officiels, permettaient une communication rapide et sûr avec le centre de Cuzco. Sans cette infrastructure, l'état inca, immense et complexe, se serait effondré. Les routes étaient conçues pour être utilisés par les piétons et des caravanes de lamas. Des auberges d'état de trouvaient tous les 20 kilomètres environ. Cette infrastructure est étonnante car les incas ne connaissaient pas la roue.



    Les réalisations les plus impressionnantes de la civilisation inca furent les temples, les palais et les forteresses placées aux endroits stratégiques, comme Machu Picchu ; d'immenses édifices à la maçonnerie précisément ajustée, notamment le grand temple du Soleil à Cuzco, furent édifiés avec des techniques et des outils limités.

    Les édifices sont construits selon la technique " pirca " ; cela consiste à enchâssées des pierres dans un mortier de boue. Les incas battirent plusieurs résidences somptueuses non loin de Cuzco selon par un plan grandiose réalisé par le roi Pachacuctec.



    Cuzco l'ancienne capitale de l'empire inca est en forme de puma symbolisant la force et la puissance. La cité de Machu Picchu qui fut découverte en 1911. Elle est située à 2000 m d'altitude, elle est environnée de terrasses agricoles ; les Andennes, patiemment édifiées par les paysans incas. Ils cultivaient la pomme de terre et le maïs.

    Parmi les autres réalisations d'exception, on peut citer la construction de ponts de corde suspendus (certains dépassant 100 m de long), des canaux d'irrigation et des aqueducs. Le bronze (un alliage de cuivre et d'étain) était très souvent utilisé pour les outils et les ornements.

    Ces travaux étaient réalisés par la main d'œuvre illimitée de l'empire au titre de la " mita " ; travail obligatoire dû à l'état. Ce monarque ambitieux : le roi Pachacutec fait aménagé la campagne environnante de terrasses, avec des kilomètres de canaux d'irrigations pour la culture ce qui accroissait les richesses du roi.

    Grâce aux énormes effectifs qu'ils pouvaient mobiliser, souvent plusieurs centaines milliers d'hommes, et à la qualité de leurs armes courte et longue portée ; les incas disposaient, avant l'arrivée des espagnoles, de la plus formidable armée de l'Amérique précolombienne.

    Elle est constituée uniquement d'appelés entre 20 à 25 ans. Cette force si bien organisée bénéficiait d'une infrastructure efficace de communication et de ravitaillement. Les déplacements s'effectuaient sur un réseau de routes de plusieurs milliers de kilomètres jalonnées de magasins remplis de vêtements, de vivres et d'armes de toutes sortes.


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  • Masque funéraire d'une momie Chachapoyas.

    le royaume perdu de
    CHACHAPOYAS

    Actuelle capitale du département péruvien d'Amazonas, Chachapoyas, perchée à 2335 m d'alt. fut le centre d'une région où se développa une civilisation pré-incaïque encore fort mal connue il y a peu et dont on commence à découvrir toute l'ampleur. L'aire de la civilisation Chachapoyas s'étendait entre la rive droite du Haut Marañon (qui formait une frontière naturelle avec le royaume voisin des Cajamarcas) et occupait tout le le bassin du rio Uctubamba, affluent du Marañon. Au Nord, dans les terres basses et chaudes, vivaient les indiens Bracamoros, qui sont considérés comme une branche du peuple Chachapoyas. Tout un pays de forêts d'altitude, aux reliefs tourmentés et aux vallées encaissées, séparées par des cols ou des défilés réputés infranchissables : c'est la géographie de la Selva Alta - aux paysages d'ailleurs magnifiques - qui fut longtemps le meilleur rempart du royaume de Chachapoyas.

    Cette tranquillité allait être mise à mal par le désir expansionniste des Incas, qui remontant la vallée du Haut Marañon, finirent par pénétrer dans la province au début du 15e siècle. Ils eurent le plus grand mal à venir à bout des indiens Chachapoyas ou Chachas, qui furent finalement soumis et intégrés à l'empire après plusieurs campagnes, longues et difficiles dont la dernière fut menée par l'Inca Tupac Yupanqui vers 1475. Même après cette date, ils se rebellèrent souvent. Peu avant l'affontement décisif à Cajamarca entre Pizarro et Atahualpa en 1532, ce dernier avait demandé au conquistador, en gage de bonne volonté, d'aller l'aider à combattre les Chachas qui s'étaient une nouvelle fois révoltés contre l'autorité de l'Inca. En définitive, ce furent les Chachas qui s'allièrent aux Espagnols, et ils refusèrent même de prendre part à la grande rebellion de Manco Inca en 1536.

    On ne connait guère l'histoire des Chachapoyas avant l'arrivée des incas et les premiers écrits relatif à ce peuple sont évidemment celles des chroniqueurs espagnols. Voici ce qu'en dit Garcilaso de la Vega (Commentaires Royaux , VIII,1) :
    "Après que l'Inca eut levé une armée et désigné un lieutenant pour gouverner Cuzco en son absence, il s'en alla à Caxamarca, pour entrer par là dans la province de Chachapuya, mot qui selon le père Blas Valera signifie : bien remplie d'hommes forts. Située à l'orient de Caxamarca, elle était peuplée de gens nombreux et très vaillants, les hommes de fort bonne prestance et les femmes extrêmement belles. Ces Chachapuyas adoraient des serpents, et avaient le condor pour principal dieu. Tupac Yupanqui désirait assujettir cette province à son empire parce qu'elle était très riche; elle avait alors plus de quarante mille habitants. Elle est fort accidentée".

    La culture des Chachapoyas était, parait-il, déjà florissante au début de notre ère : ils auraient eu de merveilleux artistes en textile et en orfèvrerie, aussi adroits que ceux de l'empire Chimú. Mais surtout, ils édifièrent l'une des plus formidables forteresse du Pérou précolombien, dont les ruines grandioses subsistent encore : celles de Kuélap dans le bassin supérieur du Rio Marañon, ainsi que des sépultures tout à fait originales, présentant des momies recouvertes d'argile placées dans des niches , soit naturelles, soit creusées dans de hautes falaises dominant les vallées. Ces curieux monuments funéraires, connus sous le nom de "Purumachus" furent signalés pour la première fois par le suisse Adolphe Bandelier, en 1893. Les sites les plus connus en sont Karajia, Lamud et Chipuric au Nord-est de l'actuelle ville de Chachapoyas, qui ont été étudiées par F. Kauffmann Doig dans les années 1960-1970.

    Forteresse de KUELAP



    Les murailles de Kuélap
    Site emblématique de la civilisation Chachapoyas, les ruines de la forteresse de Kuélap, à 38 km au Sud de la ville ont été découvertes en 1843 par Juan Crisostomo Nieto. Il fut ensuite visité et décrit par Raimondi (1860) Middendorf (1866) Charles Wiener (1881), Adolph Bandelier (1883) pour ne citer que les premiers.En 1967, alors que le site était en partie recouvert par une épaisse végétation, des travaux de dégagement et des fouilles y furent conduits par l'archéologue A. Ruiz Estrada.Ce fut probablement, sinon la capitale, du moins le plus vaste édifice du royaume des indiens Chachas et il dut servir à la fois de citadelle, de centre cérémoniel et de dépôt agricole.

    De Chachapoyas, on s'y rend en prenant la route de Leimebamba. Peu avant le village de Tingo, à droite, une piste difficilement carrossable sélève au dessus de la vallée du rio Uctubamba jusqu'au hameau de Maria ( 1 H de piste) et se poursuit jusqu'au pied du site. De là, un sentier mène, après 15mn de marche, à un vaste ensemble en forme d'ellipse allongée, orienté Nord-Sud, qui couronne le sommet d'un cerro abrupt de roches crétacées à 3072 m d'altitude. La forteresse, aux proportions colossales (c'est un ovale mesurant 580 m de long sur 100 m de large), est constituée de plusieurs terre-pleins d'une largeur de15 à 20 mceinturés d'un gigantesque rempart de pierre qui atteint parfois 15 m de hauteur.

    Le matériau employé est un granit rose dont les blocs sont assujettis par un mortier d'argile jaune. Les deux murailles principales représentent plus de 100 000 blocs de pierre taillées dont on estime le poids total à dix mille tonnes.
    La forteresse de Kuelap est surtout fameuse pour son système d'entrée : il s' agit d'un étroit couloir de 35 m de long, surplombé de bastions et de tourelles qui monte vers la plateforme supérieure tout en se rétrécissant, de sorte que d'éventuels assaillants n'auraient pu y passer qu'en file indienne, exposés à une grêle de pierres et de flèches lancées des parapets. En supposant qu'ils aient pu franchir ce premier obstacle, une seconde difficulté, en forme de piège mortel, avait été ménagée par les architectes de Kuelap : la seconde porte donne accès à une rampe en forte déclivité qui semble conduire à la plateforme supérieure de la forteresse, mais s'achève en fait... sur un précipice.

    A l'intérieur, on compte plusieurs centaines de maisons de forme circulaire (on en a dégagé seulement une trentaine) qui abritèrent peut-être une population de 2000 à 3000 habitants. Ils sont répartis sur deux niveaux le Pueblo Bajo et le Pueblo Alto, ce dernier édifié sur une terrasse supérieure. Il semble avoir été le quartier des dignitaires mais avait aussi une vocation militaire : on y trouve une grosse tour carrée denommée le "Torréon" de forme carrée, plus large à la base qu'au sommet, qui semble avoir fait office de donjon et de tour de guet.
    Parmi les constructions du Pueblo Bajo, se distingue une grosse construction circulaire évasée, dite El Tintero (l'encrier) qui comprend une mystérieuse chambre souterraine. Un autre a été reconstitué d'après son aspect original, avec un haut toit de chaume pointu.

    Nécropole de REVASH



    Toujours en remontant la vallée du rio Uctubamba, à la hauteur du village de Yerbabuena, se détache un sentier à droite (2 H de marche) conduisant au pied d'une falaise abrupte où se détache un extraordinaire ensemble de deux groupes de maisons funéraires peintes en rouge et en crème, bâties dans des cavités creusées à même la roche calcaire tendre. Connu depuis la visite du voyageur français Charles Wiener en 1881, le site a été fouillé en 1987 lors de l'expédition Antinsuyo. On y retrouva nombre de momies et de squelettes.
    On suppose que ces constructions remonteraient au début du 1er millénaire après J.-C.

    Un sentier escarpé et assez acrobatique mène aux deux groupes. A l'intérieur, on trouve encore quelques ossements et l'on découvre sur les murs des motifs gravés représentant des félins, des lamas et des personnages, ainsi que des motifs géométriques en forme de croix, de rectangles et de "T". Les parois rocheuses sont ornées de peintures rupestres.

    Au pied de la paroi, et en prenant du recul, on s'aperçoit que ces deux groupes ne sont pas uniques : d'autres ensembles de maisons funéraires apparaissent le long de la falaise, certaines d'entre elles nichées à une hauteur vertigineuse...

    Les momies du lac des Condors et le Museo Mallki à Leimebamba
    Au bout de la vallée du rio Uctubamba, Leimebamba, nichée à 2900 m d'alt, est une très agréable petite bourgade qui s'enorgueillit depuis peu de son Museo Mallki (mallki signifiant momie). L'histoire et l'existence même de ce musée, devenu l'une des attractions majeures de la région, a fait l'objet d'une vaste controverse archéologique. La chose mérite d'être contée dans le détail et le plus objectivement possible :

    Sur la pente rocheuse dominant le Lac des Condors, situé à 10 H de piste au Sud-Est de Leimebamba, l'archéologue F. Kauffman Doig découvre, en Mai 1997, une vaste nécropole perchée à mi-hauteur, sur la falaise. A l'intérieur de petits mausolées funéraires ou "chullpas", il y dénombre près de 280 momies conservées dans leurs "fardos" funéraire et effectue un relevé précis des lieux. Soucieux de laisser les lieux en l'état, il présente auprès de l'INC (Institut National de Culture du Pérou), de retour à Lima, un projet consistant à ériger les mausolées du lac des Condors en "zone archéologique protégée", où les momies seraient soigneusement restées à leur place.

    Avant le retour de F. Kauffman Doig sur les lieux, en Octobre 1997, une archéologue native de la région, Sonia Guillen (que Kauffmann Doig traitera de "pseudo-archéologue" ) soutenue par des intérêts locaux, fait enlever la quasi-totalité des momies du site : elles sont emballées dans des sacs de ciment ou de farine et redescendues à dos de cheval et de mule avant d'être entreposées un temps dans une maison particulière de Leimebamba. Les protagonistes financent l'expédition en vendant les droits d'un film réalisé lors de cette opération à la chaîne "Discovery Channel" ...

    Jusqu'ici, on ne peut que donner raison à Kauffmann Doig qui s'éleva haut et fort contre le détournement d'un patrimoine archéologique à des fins qu'il supposait bassement mercantiles. La suite de l'histoire a prouvé que si sa position était intellectuellement correcte, elle manquait en fait de pragmatisme (car les momies du lac des Condors auraient tôt ou tard fait l'objet de pillages) et ne prenait pas en compte une autre dimension - cette fois-ci humaine et sociale du problème : le droit des natifs d'un lieu à se réapproprier leurs ancêtres.

    Aujourd'hui, les momies du lac des Condors, sont disposées -- avec une partie des objets précieux qu'elles contenaient -- dans les vitrines de ce "Museo Mallki" que l'on cite comme un modéle de "coopérativisme" (construit par les habitants et appartenant à la communauté de Leimebamba) mais aussi de pédagogie. La salle des momies, qui est la dernière, est en effet précédées de plusieurs salles où la culture Chachapoyas est expliquée dans le détail à l'aide de plans, de maquettes et d'objets remarquables.
    Au vu du résultat, qui pourrait donc encore dénier, ou même reprocher aux actuels descendants des anciens Chachapoyas d'avoir appelé leurs ancêtres à la rescousse (même s'il a fallu les bousculer un peu) pour attirer du monde dans l'espoir d'améliorer leur quotidien; surtout dans cette région aussi enclavée et pauvre du Nord du Pérou...

    Tombes perchées de KARAJIA

    A environ 80 km au Nord-ouest de Chachapoyas, par la route de Luya et Lamud, on trouve plusieurs ensembles funéraires perchés à flanc de montagne, mais cette fois dans un style différent de celui rencontré à Revash.

    Les fameux "purumachus" de Karajia se présentent sous la forme de grands sarcophages anthropomorphes en boue séchée, perchés sur des balcons creusés dans la falaise en position debout, et qui figés dans une immobile éternité, semblent surveiller et défendre leur vallée pour le reste des siècles....

    Les momies se trouvent à l'intérieur de ces sortes de statues; les têtes ou masques décoratifs - également en boue séchée - sont scellées au dessus du sarcophage et décorées d'une sorte de coiffe ou de casque, ce qui laisse à penser qu'il devait s'agir de sépultures de dignitaires ou de chefs guerriers.


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  • Le village perdu de Chavín de Huantar, niché dans une haute vallée des Andes du Nord Pérou, à 3500 m d'altitude, fut un grand centre religieux qui a donné son nom à une importante civilisation précolombienne : la culture de Chavín, qui associe au culte du jaguar les représentations du serpent et de l'oiseau de proie, se situe approximativement entre 1300 et 300 avant J.-C. Le village de Chavín de Huántar fut un grand centre religieux. Son influence s'étendit sur un vaste territoire, des Andes du Nord jusqu'à la côte centrale du Pacifique. Vers 400 à 300 av. J.-C., le temple Chavín est détruit. On ne connaît pas les raisons ni les circonstances de cette destruction.



    Chavín est un site pré incaïque. Les archéologues pensent que la civilisation de Chavín est à la base de toutes les sociétés qui ont suivi. Les édifices religieux prennent la forme d'un U.

    Les ruines de Chavín sont situées sur la rive gauche du Rio Mosna, un affluent du Marañon, et constituées d'un vaste ensemble de terrasses, de places, de temples comprenant plusieurs grandes pyramides en pierre percées de chambre et de passages intérieurs et sont décorées de bas reliefs représentant des figures humaines et animales grotesques et fantastiques. L’une d’elles est appelée Lanzón ou « Dieu souriant ».

    Le temple le plus ancien (850 av. J.-C.), "El Templo Viejo" ou "Templo Lanzón" se compose de 3 pyramides qui depuis le ciel ont la forme d'un U. Il est précédé d'une "Plaza Circular Hundida" (Place Circulaire Enfouie). A l'intérieur de la pyramide ont été construits des passages très étroits, semblables à des souterrains, que l'on a appelé alors Galerías (les Galeries).



    Ces galeries rappellent les couloirs égyptiens avec des canaux de ventilation qui servaient en même temps à amplifier des sons et voix. C’est là que les prêtres dirigeants pouvaient élaborer leurs rites. Dans certaines galeries les archéologues ont découvert des céramiques, des objets en pierre, des restes de sacrifices humains et d'animaux et des fragments de coquillages marins.

    La plus importante est "la Galería del Lanzón", celle où se trouve l'idole appelé "Lanzón Monolítico" (Lance Monolithique) un des principaux icônes Chavín. Dans ce monolithe de 4,60 m de hauteur est taillée l'image du dieu du monde souterrain, également appelé "El Dios Sonriente" (le Dieu Souriant), responsable de la fécondité de la terre et des saisons.

    Ce personnage est effrayant, combinant des traits anthropomorphes et des éléments anatomiques zoomorphes empruntés aux félins et aux reptiles: les bras collés au corps, une main retournée dans le dos, avec une tête de félin, où deux crocs recourbés jaillissent de la bouche. Au dessus de la tête, au centre de la haute partie frontale, est creusée une gouttière, laissant supposer qu'une chambre de sacrifices était situé au dessus du monolithe, communiquant avec celui-ci, et que le sang des sacrifices, empruntant cette gouttière, devait arroser la tête de l'idole jusqu'aux rainures de la bouche.



    Le temple le plus important est connu sous le nom de El Castillo, également appelé Templo Tardío ("Temple Tardif", en opposition au Temple du Lanzón, bien plus ancien). Le temple à la forme d'un cube impressionnant par ses dimensions: 70 m de côté et 10 m de haut. Sa structure pyramidale rectiligne se compose de trois plates-formes superposées. Plusieurs galeries souterraines ont été creusées à l'intérieur de l'édifice comme dans l'ancien temple.
    Le site a subi les outrages d'une crue du Rio Mosna en 1945.

    La façade, orientée à l'est, possède un portique monumental au centre, la Portada, dont les colonnes et les linteaux étaient décorés de félins, qui débouche sur des escaliers latéraux au nord et au sud. Ces deux volées de marches mènent à deux petites plates-formes qui permettent d'accéder, au nord et au sud, à des escaliers conduisant à la plate-forme supérieure.

    Au sommet on voit encore les vestiges de deux petits édifices jumeaux. Les murs de la dernière étape de construction du temple étaient ornées de têtes-clous (Cabezas Clavas) dont un seul exemplaire est encore en place sur le mur arrière, à l'angle sud-ouest de l'édifice. Elles sont aujourd'hui exposées dans les galeries du Temple du Lanzón. Ces têtes-clous, en pierre sculptée, représentent des visages d'apparence humaine combinée avec des traits de félin, de serpent ou de rapace.

    En face de la pyramide principale s'étend la Plaza Cuadrangular Hundida (la Place Enfouie) qui mesure 48 m de côté. En son centre se dressait l'Obélisque Tello, principale oeuvre d'art taillée dans la pierre et représentant une métaphore de l'univers comme le concevaient les Chavín. Sur les 4 faces de l'obélisque sont gravés les dessins de deux lézards (ou deux caïmans, ou encore deux félins) un mâle et une femelle, qui habitait chacun une moitié de l'univers. Ils exprimaient leur pouvoir sur la terre à travers des messagers comme le jaguar et l'aigle.

    Au Nord et au Sud de la place, deux bâtiments similaires se font face. Ils devaient servir de tribunes et recevoir le public assistant aux cérémonies de la Plaza Hundida.

    Dans l'angle Sud-Ouest de la place, se trouve un curieux rocher, dit Choque Chinchay, où sept cupules creusées dans la pierre délimitent vaguement la silhouette du Dieu-jaguar de Chavín et semblent représenter les sept étoiles de la constellation d'Orion (laquelle domine le ciel équatorial pendant la saison des pluies).



    La stèle Raimondi

    Une autre sculpture, appelée stèle Raimondi, occupe une place fondamentale dans l'iconographie de Chavín et des civilisations de l'ancien Pérou. La pièce est une dalle de pierre de 1,95 mètres de haut et de 0,74 mètre de large.

    Cette pièce fut découverte au milieu du XIXe siècle par un paysan qui l'emmena chez lui pour l'utiliser comme table. La face gravée de la dalle représente un personnage mythique, debout, tenant dans chaque main un sceptre ou un bâton ("báculo"). Cette figure et toutes celles qui lui ressembleront par la suite seront désignées sous l'appellation de « dieu aux bâtons ». La figure, à la posture anthropomorphe, combine les traits anatomiques empruntés au félin, au reptile et au rapace. Cette pièce peut être considérée comme la dernière écriture iconographique du divin réalisée par les prêtres du centre cérémoniel de Chavín de Huántar.

    La société Chavín

    La société Chavín était dominée par les prêtres et divisée en 3 classes sociales : les prêtres, les pèlerins et les artisans et agriculteurs. Les religieux vivaient sur le site (sûrement dans les pyramides), les artisans avaient des habitations autour du centre cérémoniel, les agriculteurs vivaient quant à eux sur leurs terres.

    La culture Chavín est dite duale. De nombreux éléments symbolisent la dualité homme/femme, bien/mal, jour/nuit... Par exemple, il perdure encore des sculptures d’animaux à forme anthropomorphique, qui sont représentés sous leur forme masculine et féminine ou encore l’utilisation en alternance de pierres blanches et de pierres noires qui évoquent aussi des éléments opposés et complémentaires.

    L'expansion de la culture Chavín entraînera aussi des progrès techniques dans les domaines du textile et de la métallurgie.

    L'art Chavín



    La technique du tissage est bien acquise, l’étoffe est douce et raffinée. Parallèlement, l’artisanat du bronze se développe. Ce qui a pour conséquence l’invention de la soudure, et la maîtrise de la technique de l'alliage or-argent. Les Chavín apprirent par la même occasion le commerce de la laine des camélidés, des plumes d'oiseaux tropicaux, etc. Mais la culture Chavín se démarque surtout par leur céramique qui est l'une des plus belles du Pérou précolombien. Son style est caractérisé par le motif du jaguar, abondamment représenté sur les poteries, les tissus et les objets métalliques.
    A noter que l'art Chavín ressemble beaucoup à celui des Olmèques (Amérique centrale).


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  • Le "Codex Xolotl"

    Il n'y a jamais eu d'empire assez vaste pour couvrir et dominer entièrement le Mexique, avant les Espagnols. De nombreux autres peuples vivaient et se déplaçaient à travers l'immense territoire. Il faut savoir que les grands empires ont surtout peuplé les grands plateaux du centre, les côtes étant souvent peuplées de moustiques dangereux pourvoyeurs de maladies et donc désertées par les populations. C'est aussi pour cela que les invasions de peuples belliqueux, si souvent relatées dans les chroniques de toutes les grandes civilisations du Mexique, partaient du nord et passaient par la région centrale de Mexico pour se répandre soit à l'ouest chez les Zapotèques, ou vers l'est en direction des territoires totonaques et mayas. On se pose toujours beaucoup de questions pour avoir qui était le peuple fondateur qui donna naissance à des cultures si riches et originales.

    Les Chichimèques
    "Le premier peuple..."

    Ce peuple "barbare" qui vivait, au début du millénaire dans les zones semi-désertiques du nord du Mexique, nous ont laissé peu de traces. Les codex et les récits historiques sont peu nombreux et ils n'utilisaient probablement pas l'écriture. Il faut voir en eux plusieurs tribus éparses, vagabondant au travers des hauts plateaux du nord du pays. On sait que plusieurs vagues d'émigrations ont eu lieu en direction du sud, et que cela était le fait de différentes tribus déferlant par vagues, et qui n'étaient pas "unifiées" par le pouvoir d'un seul chef. Ils sont à l'origine des Toltèques, c'est certain, mais la plupart des autres chichimèques qui envahirent le centre du pays, en vague successives entre l'an 500 et l'an 1000, en dévastant tout sur leur passage se sont finalement fondus dans la population autochtone et notamment autour de la vallée de Mexico. De là vient sûrement l'originalité des peuples qui prospérèrent là par la suite.

    Quant à leur propre origine que l'on situe dans le nord, on n'en sait un peu plus depuis que des fouilles ont été organisées sur le site de "Casas Grandes" (près de la ville de Nuevo Casa Grandes, dans l'état de Chihuahua). C'est un village de terre séchée, en ruine, blotti contre une falaise, qui faisait jadis partie d'une grande ville chichimèque. En fait, la partie du site la plus intéressante est un abri sous roche composé de silos et de petites habitations. On y a retrouvé des grains de maïs naturels primitifs, et il semble que cette plante était aussi vénérée par ces hommes que l'on avait longtemps cru nomades et sans agriculture. Ce site, dans l'"Arroyo" de Guaynopa, est resté un lieu magique, surtout qu'il est toujours difficile de le retrouver même pour les guides mexicains. Malgré la taille gigantesque de cet abri, avec un ouverture de 60 mètres de large sur 12 mètres de haut, il reste très "discret" : "L'ouverture béante,..., est restée invisible jusqu'au moment ou nous allions y entrer", selon l'un des archéologue de l'expédition. Les maisons sont petites et carrées avec des portes en forme de "T". Certaines ont un étage. On y a retrouvé des tessons de poteries multicolores. On a retrouvé des "metates", des meules avec lesquelles on écrasait le maïs, objet si typique de l'histoire du Mexique. L'un était encore intact... On sait aussi que des pillards sont passés par là. Ils restent beaucoup de choses à découvrir dans ces régions du nord que les archéologues avaient jusqu'à récemment trop négligées.

    Toutes les légendes, aztèques et toltèques notamment, parlent pourtant du nord comme le lieu de leur origines communes et quand les légendes toltèques parlent d'un certain "Mixcoátl", le fondateur de leur race, il ne fait plus de doute aujourd'hui qu'il s'agissait d'un homme d'origine chichimèque (s'il a bien existé) et que son fils Topiltzín (qui lui a véritable existé), donnera naissance au mythe de Quetzalcoátl qui lui aussi aura tant d'importance par la suite. Ce site des "casas Grandes", est un des rares vestiges de la civilisation Chichimèque, ce nom qui signifiait "Fils de chiens" dans la langue aztèque (et sans que cela soit péjoratif). Des primitifs qui ne laissèrent pas de traces dans l'histoire ni dans les légendes malgré leur profonde influence sur leur successeurs.

    Combien étaient-ils ? Quelques centaines ? Des guerriers, des bannis, des vaincus ? Des barbares pour les peuples qu'ils rencontrèrent sur leur route. Pourtant, le vestiges du site de "casas Grandes" montre un village d'une grande "modernité" pour de soit-disant "barbares". De grandes places, des conduites d'eau souterraines, un système ingénieux de climatisation pour rafraîchir les maisons... Une vie sociale et politique. Pas de trace d'art religieux monumental. On pense que la ville fut bâtie rapidement, vers l'an 1060, et qu'elle prospéra dans ces terre déjà arides du nord pendant près de 300 ans (mais quel était véritablement le climat en l'an 1000 ?). On peut penser que ce peuple avait une vie semblable à celle des Tarahumaras, qui eux vivent toujours dans la région. Des hommes libres et même pacifiques... En 1340, la ville, comme beaucoup d'autres villes d'importances de cette époque, fut pillée et dévastée. Par un autre peuple plus barbare ? on a découvert que les habitants furent massacrés dans les rues, démembrés et précipités dans les puits du village, ce qui pollua définitivement l'eau qui alimentait la ville. Plus tard, les abris sous roche que fréquentaient leurs ancêtres furent redécouverts et réutilisés par des tribus pastorales d'origine chichimèques, mais le temps réduisit à néant leur propre existence au fur et à mesure que la région devenait vraiment trop aride.

    En dehors du site de "casas Grande", les archéologues n'ont pas retrouvé ailleurs de vestiges importants de l'histoire des Chichimèques. Seuls leur nom et leur réputation se sont transmis jusqu'à nous. Toutes les cités du centre du Mexique devront subir leurs invasions : de Teotihuacán vers 750 à Tula en 1156, bien peu s'en relèveront... Les chroniques les décrivent comme à demi-sauvages, attaquant et ravageant les territoires qu'ils traversaient en poussant des cris de bêtes, le corps peint de couleurs vives, armés d'armes rudimentaires... Venant toujours du nord, ils ne cesserons de déferler pendant plusieurs siècles sur le centre de pays laissant d'eux une réputation exécrable, même si l'on sait aujourd'hui que ses descriptions, transmises par le souvenirs de leurs victimes, étaient exagérées. Invasions rapides et brutales, mais qui n'aboutiront jamais à l'érection du moindre empire, d'une moindre affirmation de leur conquête. Ils disparaîtront des mémoires aussi rapidement qu'ils étaient apparus. Pourtant, ils sont aussi à l'origine des nombreuses cités où ils s'installèrent, se mélangeant finalement avec la population locale au point que bien vite ils finiront par combattre contre les tribus chichimèques de même origine qu'eux et qui viendront lors des invasions ultérieures. Seuls quelques récits peuvent nous en dire plus sur leur véritable visage.

    Le célèbre "Codex Xolotl", que l'on peut voir à la Bibliothèque National à Paris, nous compte-t-il l'histoire des descendants du roi Amacui Xololt, dynastie qui s'étendra de l'année 1068 à 1427. Ce codex nous vient de Don Fernando de Alva Ixtlilxochitl, un noble indigène qui recueilli les légendes indiennes au XVIIème siècle. C'est le seul codex qui fasse allusion à un haut personnage chichimèque : Amacui Xololt y est le roi légendaire qui serait à l'origine d'un des plus puissants royaumes de la vallée de mexico, les Mexicas, qui verra à sa tête Nezahualcoyótl, le roi poète et philosophe. Ce récit nous révèle aussi l'origine de l'introduction de l'écriture nahuátl, qui sera reprise par les aztèques et que l'on parle toujours au Mexique aujourd'hui. Bien que le texte de la planche IV de codex précise (selon l'interprétation qu'en fait lui-même Alva Ixtlilxochitl) que cette écriture fut apportée par un certain Coatlitepán vers l'an 4 Acátl, soit en 1275 pour notre calendrier, et qu'il soit venu d'une région où vivaient les Mixtèques, il semble bien que le nom même de Amacui Xololt soit d'origine chichimèque. Ainsi, serait-il un chef qui aurait bâtit un véritable royaume, même s'il ne se nommait plus lui-même par la suite "chichimèque".

    Le père Bernadino de Sahagun, chroniqueur espagnol de la Conquête, nous parle aussi d'eux. Il distingue plusieurs Chichimèques : les plus sauvages sont les "Teochichimèques", les plus authentiques au sens de "primitifs", habillés de peaux de bêtes, vivant de racines, de fruits, et de petits animaux dont le lapin. Pas de prêtres, pas d'idoles, pas de monument religieux...Des hommes du néolithiques auxquels on donne aujourd'hui le nom de "Culture du Désert" et qui se rapprochaient beaucoup des Indiens de l'Amérique du nord. Mais, il cite aussi les "Tamimes", qui sont des chichimèque qui ont su établir des contacts avec leurs voisins du sud et avec qui ils ont échangé des coutumes et des habitudes. Ils pratiqueront un peu l'agriculture et "ils se vêtaient des haillons mis au rebut par les plus civilisés " (Michael D.Coe). on sait aujourd'hui que les grandes invasions qui caractérisent leur histoire sont des conséquences des changement climatiques et des graves sécheresses qui s'abattaient parfois dans le nord, forçant ses habitants à l'exode. On sait aussi que le mouvement inverse a aussi existé et que des groupes de paysans du sud montaient parfois dans ces terres qui vivaient aussi des périodes favorables et que les gens qu'ils rencontraient semblaient bien pacifiques : preuve que ces Chichimèques n'étaient pas si sauvages que le dit la légende.


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