• Le diable peut revêtir de nombreuses apparences sous différents noms. Le mythe du diable est présent dans de nombreuses cultures. Qu’on le nomme Belzébuth, Satan, Tengu, Démon ou Lucifer, le diable symbolise les forces qui affaiblissent la conscience. C’est l’éternel combat entre le monde des ténèbres et le monde de la Lumière. L’homme doit en permanence lutter contre ses instincts. Satan est là pour le pousser au péché, comme le Serpent de la Genèse. 

    Le diable dans les mythes du Proche-Orient ancien<dans>

    Le diable symbolisant l’obscurité, il brûle dans un monde souterrain. Dans la plupart des mythes, il devient le maître des Enfers.  Les Babyloniens ont retranscrit un grand nombre de mythes sumériens et on retrouve Ereshkidal dans leur mythologie.  </dans>

    Les mythes du Proche-Orient ancien sont les initiateurs du paradis et de l’enfer. Dans le royaume des morts, les Justes se voient décerner des récompenses, tandis que les pêcheurs sont punis.

    Les thèmes de la mythologie biblique empruntent à différentes cultures du Proche-Orient ancien. L’épisode du Déluge, par exemple, est clairement inspiré de la version babylonienne. 
    Les religions monothéistes sont pauvres en écrits mythologiques et tous les textes bibliques ont subi des altérations afin qu’il existe une cohérence théologique, d’où l’importance d’en minimiser les éléments mythologiques. 
     
    Le diable et la Bête

    De nombreux animaux ont figuré les forces maléfiques. Réduire le diable à la forme d’une bête symbolise la chute de l’esprit.
    Le mythe du diable est d’ailleurs très proche des mythes du Dragon, du Serpent et des monstres gardiens des ténèbres.
    Les mouches sont des êtres qui se multiplient sur la pourriture et la décomposition. Elles transmettent de nombreuses maladies et semblent invincibles. Sans cesse bourdonnantes, elles ne cessent de poursuivre tous les êtres vivants. 
    C’est en ce sens qu’une ancienne divinité syrienne, Belzébuth, dont le nom signifie « le Seigneur des mouches » est devenue le prince des démons.  L’âne est aujourd’hui le symbole de l’ignorance mais dans sa conception originale, presque universelle, il est l’emblème de l’obscurité et des tendances sataniques. En Egypte, l’âne rouge est l’une des entités les plus dangereuses que rencontre l’âme dans son voyage vers l’au-delà.  Dans l’art roman et l’art gothique, les animaux représentent selon le cas, le paradis ou l’enfer, Dieu ou le diable. L’araignée est un animal diabolique et le diable se réincarne souvent en elle.  Le bouc est bien sûr l’une des représentations favorites du diable, chevauché par les sorcières se rendant au sabbat. 
    Le bestiaire des cathédrales est très riche. Les gargouilles sont les gardiennes du lieu sacré car même le Mal est effrayé par leur laideur. 
     
    L’éternel combat entre le bien et le mal

    Dans la mythologie égyptienne, Anubis « celui qui a la tête d’un chien sauvage » est le dieu des funérailles et le Seigneur des défunts. Il sera plus tard supplanté par Osiris. Osiris, assisté de 42 juges divins, procède au jugement des âmes tandis qu’Anubis en assure la pesée. Les défunts doivent passer cette épreuve avec succès s’ils veulent renaître dans l’au-delà. 
    Dans le royaume des morts où règne l’obscurité, on trouve des êtres malfaisants comme le serpent Apophis. 
    La mythologie grecque a exercé une profonde influence sur la culture occidentale. Les mythes de la création offrent d’étonnantes similitudes avec certains récits mythiques du Proche-Orient ancien. 
    Les mythologies grecques et indo-européennes présentent de nombreux points communs et se sont probablement inspirées des mêmes sources. 
    Les principales divinités habitaient le mont Olympe. Zeus, dieu suprême, régnait sur le ciel. Hadès gouvernait les enfers (Pluton chez les Romains). Selon la mythologie grecque, au tout début, seul existe le Chaos d’où surgissent Gaïa (la Terre), Eros (Dieu de l’Amour), le Tartare (les enfers), l’Erèbe (ténèbres des enfers) et la Nuit (ténèbres de la terre). 
    Concernant le voyage des défunts vers l’au-delà, il y a des similitudes avec la mythologie égyptienne.  Après leur décès, les morts sont conduits à la frontière du monde souterrain par Hermès. Charon leur fait passer dans sa barque les eaux noires du Styx, un grand fleuve séparant le monde souterrain du monde des vivants. A leur arrivée, les morts sont jugés. 
    Cependant, l’Hadès n’est pas un lieu de torture comme peut l’être notre enfer. Par contre, on s’y ennuie ferme. 
    Les Justes se voient parfois autoriser à vivre dans une sorte de paradis, l’Elysée ou Champs Elysées. 
    Le Tartare est une sorte d’enfer qui se situe dans la partie la plus obscure de l’Hadès. On y enferme ceux qui ont commis des crimes particulièrement odieux. 
    Nul ne peut s’échapper de l’Hadès qui est gardé par Cerbère, le chien à trois têtes.

    Dans les différents mythes, le genre humain devient l’enjeu de la lutte cosmique. Cette lutte est bien retranscrite dans le panthéon hindou. Les devas, êtres divins, habitent le niveau supérieur. Le niveau intermédiaire est la Terre, habitée par les humains. Le niveau inférieur appartient aux asouras, des démons qui détiennent des pouvoirs occultes. Devas et asouras se livrent des luttes permanentes.  Vishnu est là pour restaurer l’équilibre au cas où l’un des niveaux prendrait le dessus sur l’autre.
    L’humanité est prise au milieu de cette guerre cosmique. C’est la lutte entre le bien et le mal. Chacun est libre de choisir son comportement et doit donc affronter ses propres démons.

    Le diable et la libre disposition de soi-même

    Le diable est capable de revêtir toutes les apparences, y compris celle du gentil. Il est le Tentateur dont le seul objectif est de nous soumettre à sa domination. Dans la religion catholique, la croix du Christ libère les hommes. Le Christ a la lourde tâche d’arracher le genre humain à la puissance du diable et de lui permettre la libre disposition de lui-même. En effet, le diable est symbole de tyrannie. Il est tentant de vouloir négocier avec lui pour bénéficier de toute sa puissance.

     


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  • On les retrouve partout dans le monde, disséminées aux quatre coins du globe, et pourtant, similaires, elles auraient puisé leurs origines dans des cultes bien plus anciens que ceux auxquels elles sont attachées aujourd’hui. Révélation, principe du féminin supérieur, idoles ou mère de Dieu, elles représentent en tout les cas, un mystère.
    Voyons donc ou nous mènent les vierges noires, de leurs origines obscures aux chapelles sombres, leur vie s’est toujours déroulée « dans l’ombre »…

    Voici ce qu’Apulée, écrivain romain d’origine algérienne, nous écris à propos de la mère originelle, et des cultes qui lui sont reliés :
    « Je suis la Nature, mère des choses, maîtresse de tous les éléments, origine et principe des siècles, divinité suprême, reine des Mânes, première entre les habitants du ciel, type uniforme des dieux et des déesses. C’est moi dont la volonté gouverne les voûtes lumineuses du ciel, les souffles salubres de l’océan, le silence lugubre des enfers. Puissance unique, je suis par l’univers entier adorée sous plusieurs formes, avec des cérémonies diverses, avec mille noms différents.
    Les Phrygiens, premiers nés sur terre, m’appellent la déesse mère de Pessinonte ; les Athéniens autochtones me nomment Minerve la Cécropienne ; chez les habitants de l’île de Chypre, je suis Vénus de Paphos ; chez les Crétois armés de l’arc, je suis Diane Dictynna ; chez les Siciliens qui parlent trois langues, Proserpine la Stygienne ; chez les habitants d’Eleusis, l’antique Cérès. Les uns m’appellent Junon, d’autres Bellone ; ceux-ci Hécate, ceux-là la déesse Ramonte. Mais ceux qui, les premiers, sont éclairés par les rayons du soleil naissant, les peuples d’Ethiopie, de l’Asie et les Egyptiens, puissants par leur antique savoir, ceux-là me rendent mon véritable culte et m’appellent de mon vrai nom : la reine Isis. »
    Apulée "Métamorphoses XI"

    Les origines

    Nombreux sont les travaux d’aujourd’hui qui confirment que non seulement les plus anciens homos sapiens sapiens sont d’origine africaine mais qu’en plus la plus vieille divinité connue est une femme et de surcroît, de couleur noire.

    Déesse noire et Mère primordiale

    C’est une réalité et cela déplaît à certains, machistes dans l’âme : « Dieu fut d’abord une femme ; Dieu fut d’abord déesse ». La répugnance des hommes, misogynes, à admettre la prédominance ancienne de la déesse mère est un fait historique relativement récent. La totalité du système de références philosophiques, religieuses et civiles de l’Occident actuel est patriarcale. Cependant, bien avant les religions « patriarcales » (le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam), la divinité unique était féminine. Le dieu sexué et masculin provient des religions de l’Orient (Textes babyloniens, Genèse, etc.) et est donc, bien plus récent… Même si Dieu est censé être une divinité ou un esprit par définition sans sexe, pas comme tous les grands Dieux Païens, il créa pourtant l’homme en premier, « à son image » dis t-on. Donc, une image primordialement masculine, si l’on en croit la Genèse.
    L’archéologie a révélée une multitude de figurines féminines issues des premiers temps de la préhistoire. Elles ont été qualifiées de « Vénus », comme celle très célèbre, de Brassempouy, ou de Willendorf .

    Ces femmes stéatopyges (aux fesses grasses et aux seins volumineux) sont en réalité la représentation de la Déesse originelle. La fertilité des femmes était aussi précieuse que celle de la terre pour la survie de ces sociétés, bien souvent nomades, et profitant de l’abondance de gibier et de semence trouvée au gré des chasses. Depuis le paléolithique, la fécondité de la femme à assuré l’équilibre de la vie matérielle, et c’est donc très naturellement que ces peuplades l’ont honorée.
    Jusqu’aux deux derniers millénaires avant notre ère, l’Europe et les pays de la Méditerranée orientale ont représenté leurs divinités sous forme féminine assez clairement sexuée pour évacuer toute ambiguïté. Avant les invasions des peuples Aryens, toute la population Méditerranéenne et toutes ses divinités étaient noires ! Il y a une subordination des Madones noires du Christianisme vis-à-vis de la Déesse originelle noire. Il existe également des pierres noires sacrées volcaniques associées à des déesses noires (Ibla Nera en Sicile et Cybèle en Anatolie).

    En Turquie, pays islamique, il y a un pèlerinage annuel pour la Madone noire d’Éphèse. (Profitons-en pour signaler des Madones noires dans des endroits qui pourraient étonner certains : comme à Cuba, la Virgen del Pino, dont je vous mettrais un chant d’action de grâce, si vous voulez, ou celle qui se trouve sur la Place Rouge en Russie ; chez les Olmèques ; mais également sur le territoire français, à Rocamadour, au Mont st Michel, aux Saintes-Maries-de-la-Mer, à Nuremberg etc.).

    De la Déesse Isis aux Madones noires

    Durant le millénaire qui précède notre ère et jusqu’aux cinq premiers siècles, la divinité majeure du monde méditerranéen était la Déesse ISIS (Asèt / Aséta), une déesse justement… noire. Isis fut vénérée sur une très vaste aire à la fin de l’Antiquité et au début du Christianisme. Cette « Mère noire » était appelée par de nombreux noms en dehors de l’Afrique, comme le souligne Apulée, Isis héritait de la longue tradition des sociétés matriarcales africaines.
    Isis, déesse africaine, avait des origines nubiennes. La Nubie est une région où la Civilisation a fleurit de nombreux siècles avant la construction des pyramides de l’Égypte antique (Kémèt). La Nubie donna la femme noire Isis à Kémèt et puis au reste du monde. Dans son sanctuaire à Philae en Egypte, Isis était noire. Métaphore de la Mère de l’humanité et précurseur des Madones noires.

    A partir du microcosme Vallée du Nil, le culte d’Isis deviendra véritablement « la première religion internationale et supranationale ». Philae deviendra une ville sainte pour les Africains, les Grecs, les Romains, et les nomades du désert. Le culte ancien de la Déesse de la fertilité, précédera le rôle du Christianisme et de l’Islam au Moyen-âge. L’image d’Isis la plus populaire à l’apogée de l’empire romain semble être celle d’Isis allaitant son fils, HORUS.

    Cette position de la déesse, son fils sur les genoux nous pousse à nous tourner vers les représentations chrétiennes de la vierge à l’enfant, Marie tenant toujours le Christ enfant dans ses bras, ou contre elle, rappelant l’antique pose de la déesse de la fertilité… Comme quoi, nos bons sculpteurs chrétiens n’ont rien inventé, ils sont allés puiser dans un imaginaire collectif une représentation universelle de la déesse, dans laquelle tous se reconnaissent.

    Avec l’hellénisation, Isis devient la « Grande » mère (de la Méditerranée). Son compagnon, OSIRIS (Ousir / Ousiré), devient Zeus, Pluton, ou Dionysos selon les cultes et les cultures que la Déesse traverse de son ombre. Dans tout le monde connu et aux premiers siècles de l’ère chrétienne, les esclaves et les femmes nobles vénéraient l’africaine Isis comme une divinité qui prévalait à travers la force de l’amour, la pitié, la compassion, et son intérêt personnel pour les chagrins. Avant que le Christianisme le fasse, la religion d’Isis promettait la vie après la mort terrestre. Des temples d’Isis avaient été fondés à travers l’empire romain ; en Gaule, Portugal, Espagne, Bretagne, Germanie, Italie, particulièrement aux endroits qui deviendront plus tard des sanctuaires de Madones noires.

    Une caractéristique significative d’Isis, plus tard associé à la madone chrétienne, était sa compassion de mère. L’eau a toujours été associé à Isis, elle renfermait une qualité sacrée liée à la fertilité, aux crues du Nil qui en fertilisent les berges et crée de la vie, et c’est elle enfin qui cherchera à travers les marécages du delta du Nil, les morceaux tranchés de son mari pour lui redonner la vie, l’aider à renaître. Dans sa représentation (600 av. J.-C.) visible au Musée du Caire (ci dessus), Isis apparaît comme une mère nourrice, qui porte des ressemblances frappantes avec les images (icônes, statuettes, etc.) des Madones-nourrices du Christianisme primitif. N’oublions pas que la vénération d’Isis, de son époux Osiris et de son fils Horus, a persisté dans toutes les dynasties pharaoniques. Isis avait donc plus de 3000 ans d’histoire lorsque son culte se propagea de Méroé et d’Alexandrie vers tout le bassin méditerranéen.

    La Trinité « Isis / Osiris / Horus » (que l’on a là aussi, déjà rencontrée dans notre quête) deviendra dans le Christianisme populaire « Marie / Joseph / Jésus » qui diffère de la Trinité du Canon chrétien : « Le Père / Le Fils / Le Saint Esprit » (disparition de l’élément féminin dû au Patriarcat et à la suprématie militaire des leucodermes. En Afrique à Memphis (Mèn-Néfèr), les hymnes célébraient Isis comme civilisatrice, divinité universelle qui avait supprimé le cannibalisme, institué les lois et les principes divins, et avait inventé l’agriculture, les arts et les lettres, les coutumes divines, et la justice. Isis, la grande Magicienne, était Maîtresse de la Médecine, guérisseuse des maladies humaines, souveraine des continents et des océans, protectrice contre les périls pendant la navigation et les batailles. Isis était la divinité du Salut par excellence. Nous retrouvons toutes ces qualités chez les Madones et Vierges noires.

    Une grande spécialiste des religions, Lucia Chiavola Birnbaum, pense que la plus ancienne image de la madone de la Chrétienté se trouve en Sicile. Il s’agirait de la Madone noire dell’Adonaï (La Madone noire de Adonaï). Pour elle, le plus vieux sanctuaire de Marie (mère de Jésus) se situerait donc en Sicile. Un autre chercheur s’oriente plutôt en Italie (La Basilique Sainte Marie Majeure).

    Le chercheur Jean-Pierre Bayard parle de « Vierges noires » remontant en France à l’époque de Clovis, mais aussi la vierge noire de Candelaria, protectrice des îles Canaries qui serait arrivée « par la mer », aux autochtones d’alors, baptisés par les colons espagnols « Guanches », qui lui vouaient un culte sans borne, bien avant l’arrivée des Espagnols sur ces îles. Egalement, on peut supposer la présence de l’une de ces statues autrefois sur l’île de la cité, certainement ancien lieu de culte de la déesse, qui, dit-on aurait laissée alors son nom à notre capitale… Par Isis, Parisis, Paris…
    Ont peut retrouver chez ces madones certains attributs des déesses et reines de l’Égypte antique (par exemple la fleur, notamment de lys chez nos vierges chrétiennes), alors que l’enfant Jésus (aux traits d’adulte) porte le sceptre, attribut du Pharaon.

    Nous pouvons donc en conclure que si Apulée n’avait pas vécu au IIème siècle avant notre ère, il aurait pu rajouter à sa longue liste "et les chrétiens me nomment la Vierge Marie..."


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  • Il nous faut remonter en période assyrio-babylonienne, pour retrouver les fondements du mythe de la première femme, Lilith, cette mère obscure qui sous diverses apparences, plane à travers l’espace et les rêves des hommes, à la fois séductrice et envoûtante, vampire ou succube, mais toujours effrayante.

    Dotée d’une imagerie très variée, ce qui nous éclaire sur la notoriété de son caractère de démon, c’est souvent sous les traits d’une superbe femme nue, parée d’une longue chevelure ondoyante, qu’elle est représentée, une vulve se dessine sur son front, ses jambes prennent la forme de serpents, et pour couronner sa majesté deux ailes lui confèrent un aspect prodigieux. Une autre image de Lilith, est celle d’une belle femme, coiffée d’une tiare, aux pieds et aux ailes d’oiseau rapace, elle est accompagnée d’une lionne et de chouettes.

    Dans la magie gnostique, c’est vêtue de noir et assise sur un globe de même couleur, qu’elle représente une des configurations de la Déesse mère, celle là même qui préside aux plaisirs charnels. Ses qualités de déesse de l’amour et de la mort en on fait une divinité très conjurée dans la magie sexuelle.

    De nombreuses incantations retrouvées dans de vieux ouvrages attestent de sa notoriété. Il est demeuré une invocation à Lilith, qui serait le texte délivré en 1592, par une entité inconnue, à Sir Edward Kelly, l’assistant de John Dee, celle-ci lui aurait été donnée lors d’une séance de vision astrale.

    Le nom même de Lilith représenterait les ténèbres, l’obscurité : Leila ou Lavlah c’est la nuit, en conséquence le noir, pareillement à ces nombreuses Vierges Noires, parentes de Lilith, telles Isis, Kali, Sarah la noire, Marie l’Egytienne, dont les lieux de cultes étaient souvent établis sur l’emplacement d’anciens sites initiatiques, nous retrouvons là, le lien qui unit les anciennes déesses de vie, de mort, de fécondité et de forces telluriques, bien antérieures au christianisme.

    Il est vrai que le noir effraie, nous entrons dans le monde obscur, cependant, étudié sous un angle plus symbolique, nous devons admettre que le noir est indubitablement l’emblème d’une science secrète, la preuve en est que le noir est la couleur du Grand Œuvre alchimique (l’œuvre au noir représente la phase de séparation et de dissolution de la matière. Pour les alchimistes, ceci constitue la partie la plus délicate du Grand Œuvre « Elle symbolise les épreuves de l’esprit se libérant des préjugés ».

    C’est avec Agrat, Mahalath et Naamah, que Lilith passe pour être une des mères des démons, elle serait entre autre dans une tradition la mère d’Ormuzd ou Hormiz, dans une autre légende, c’est Asmodée, Prince des Démons qui est son fils. Alors que Lilith n’est presque pas mentionnée dans la Bible, il nous faut consulter le Talmud et le Zohar, pour mieux connaître son histoire, elle apparaît alors sous la forme d’une créature démoniaque à visage de femme, dotée d’ailes et portant de long cheveux. Ainsi la reconnaissent différents passages du Talmud qui parle d’ « un fœtus ailé comme Lilith », on dit encore d’une femme qu’ « elle laisse pousser ses cheveux comme Lilith ».

    Dans tous les cas, elle est définie comme une créature essentiellement nocturne, c’est elle, également, que décrit le « Testament de Salomon », (ouvrage grec du IIIè siècle de notre ère, dérivé probablement d’un écrit ésotérique judéo-héllénique), elle y est définie comme errant à travers le monde et se présentant sous des dizaines de noms, pour rendre visite aux femmes en couche et s’efforcer d’étrangler leur enfant nouveau-né, ce sont par ailleurs ces deux atrocités qui lui valurent sa mauvaise réputation, il était de ce fait pratique courante de protéger les femmes en couche et les nouveaux-nés par des amulettes qui fixées aux murs des chambres et au dessus des lits étaient sensées l’éloigner. Il était aussi d’usage jusqu’au XVIè siècle, en Europe centrale, d’éveiller les enfants qui souriaient dans leur sommeil : on craignait qu’ « ils ne jouent avec Lilith », celle-ci avait la réputation de les emporter avec elle dès qu’elle les avait séduit.

    Nous retrouvons dans le Vendidâd (l’un des livres de Zoroastre), un passage qui serait considéré comme l’une des bases du mythe juif de Lilith : « l’homme qui se souille involontairement pendant la nuit, est censé avoir eu des relations avec une succube qui concevra de lui. A moins qu’il ne récite certaines formules à son réveil, l’enfant appartiendra aux démons ». Lilith préside également à l’acte sexuel et dirige les incubes et les succubes, pousse les femmes à jouir de leur corps, et leur donne passions et orgasmes érotiques.

    Lilith la séductrice assaille également les hommes, qu’elle provoque à de maléfiques rapports. Voici un texte emprunté à Johann Jakob Schudt qui raconte en 1717 :

    « Les Juifs de Francfort croient fermement que lorsque le sperme échappe à un homme, il formera de mauvais esprits avec l’aide de Mahalath et Lilith, mais qu’ils mourront en leurs temps. La semence que répand à terre la masturbation, féconde Lilith et lui engendre des fils ».

    Les récits concernant ces créatures étaient très fréquents au Moyen-Age et à la Renaissance, et l’on estimait couramment que les tentations physiques et les satisfactions qu’elles offraient aux hommes imprudents entraînaient ceux-ci dans le monde obscur de la sorcellerie. Cette crainte des succubes a été omniprésente jusqu’au 20 è siècle, l’exemple le plus marquant étant sans aucun doute celui d’Huysmans, celui-ci était allongé sur son lit, il fut alors réveillé, victime d’un rêve érotique très intense, il eut juste le temps d’apercevoir un succube qui s’évanouissait dans les airs. Le désordre de ses draps, l’empreinte qui s’y dessinait, le convainquirent de la présence physique du démon qui avait passé la nuit à ses côtés.

    Dans la démonologie occidentale, Lilith est la Reine des Striges, ces démones vampires, ailées, munies de serres de rapaces, qui attaquent les hommes et les détruisent après leur avoir procuré des plaisirs érotiques, au Moyen Age, l’image de la Strige était synonyme de Goule et de sorcière, celles-ci étaient accusées de faire disparaître les enfants et de les tuer dans le but d’utiliser leur chair et leur sang pour la confection de philtres et de maléfices. Néanmoins, la légende qui a engendré un véritable « mythe de Lilith » est la traduction d’un passage du livre kabbalistique nommé « L’Alphabet de ben Sirah », ouvrage datant du XIè siècle. Voici les éléments mythiques auxquels fait appel l’alphabet de ben Sirah (J. Bril) : « Les deux premiers partenaires humains furent Adam et Lilith, ils avaient été créés de manière à répondre à un désir manifeste du Créateur : il y aurait égalité de droits entre l’homme et la femme. La tradition talmudique affirme même qu’ils avaient été créés unis par le dos.

    Entre Adam et Lilith, un conflit naquit bientôt, dont le prétexte, fut la manière dont ils feraient l’amour – qu’elles seraient les positions respectives de l’un et de l’autre ? – dissimulant ainsi de façon symbolique le conflit latent des prétentions à la suprématie sociale. Lilith contesta les revendications de son mari à être le chef de famille, faisant ressortir l’équivalence de ses droits au sein du couple, équivalence résultant des conditions mêmes de la création. Adam maintint son intransigeance, affirmant qu’il était le seul maître et la situation ne fit que s’aggraver. Lorsque Lilith se fut rendue à l’évidence que l’entêtement d’Adam était sans espoir, elle se résolut à l’ultime démarche possible : elle invoqua le nom de l’Ineffable. Elle reçut alors miraculeusement des ailes et s’en fut par les airs hors du Jardin d’Eden. Le cœur brisé, Adam implora le Tout-Puissant : « Maître du monde, dit-il, la femme que Tu m’as donnée s’est envolée ! », Le Créateur, ému de la détresse d’Adam, envoya trois anges à la recherche de Lilith : Snwy, Snsnwy et Snglf, afin de la persuader de retourner à son foyer auprès de son mari. Lilith ne voulut rien entendre, même après que les anges lui eurent rapporté la sentence du Seigneur : elle mettrait au monde de nombreux enfants et cent de ses fils devraient mourir chaque jour. Désespérée par l’effroyable cruauté du châtiment, elle pensa mettre un terme à son malheur en se jetant dans la Mer Rouge. Mus par le remords, les trois anges lui accordèrent alors en compensation de la rigueur du jugement, qu’elle aurait tout pouvoir sur les enfants nouveau-nés, pendant huit jours après leur naissance pour les garçons, pendant vingt jours pour les filles, en outre, elle jouirait d’un pouvoir illimité sur les enfants nés en dehors du mariage. Toutefois, elle devrait s’engager à perdre ces pouvoirs chaque fois qu’elle verrait sur une amulette l’image de ces anges.

    Lilith la réprouvée n’avait cependant rien perdu de sa séduction. Il arriva qu’elle rencontra un jour Samaël, maître des anges déchus, qui la trouva en train de se lamenter sur ses erreurs et sa solitude et il tomba amoureux d’elle. D’accord avec Lilith sur la question de l’égalité des sexes et de la similitude qui existaient entre eux, ils ont deviendront époux, ainsi, Samaël s’installa avec elle dans la vallée de Jehannum, le Gehenne ». Pour désigner davantage le rôle néfaste du couple maudit, le Talmud désignera Samaël du nom d’Adam-Bélial – dans lequel la racine bel est évocatrice de désolation et d’anéantissement. De son union avec Samaël, elle deviendra la Reine des forces du mal, Reine de Saba et immortelle.

     


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    Béhémoth est décrit dans le Livre de Job (XL, 15-24), aux côtés de Léviathan. Monstre aquatique — il vit dans les marécages, caché dans les roseaux ou couché sous les lotus —, énorme et doté d’une grande puissance (« Ses os sont des tubes d’airain, sa carcasse, comme du fer forgé »), il est, selon l’auteur du texte, « la première des œuvres de Dieu ».

    On trouve une longue description du monstre appelé Léviathan dans le Livre de Job (XL, 25-32 et XLI, 1-26). C’est un animal monstrueux, doté d’une « double cuirasse » et d’un dos en « rangées de boucliers », protection sur laquelle rebondissent sans le blesser lances, javelots comme pierres. Certains de ses attributs évoquent fortement le dragon : en effet, de la fumée sort de ses naseaux, une flamme de sa gueule, « son souffle allumerait des charbons ». Intrépide et puissant, il génère la peur : « la terreur règne autour de ses dents […] et devant lui bondit l’épouvante. Quand il se dresse, les flots prennent peur et les vagues de la mer se retirent ». Dans le Livre d’Isaïe (XXVII, 1), Léviathan, « dragon qui habite la mer », est qualifié de serpent « fuyard » et « tortueux ».

    La tradition hébraïque, fondée sur les commentaires des textes sacrés, considère que Béhémoth et Léviathan sont « les grands monstres marins » créés par Dieu au cinquième jour, dont il est fait mention dans la Genèse (I, 21).

    Cette interprétation se retrouve dans la littérature apocryphe intertestamentaire. En effet, selon le Quatrième Livre d’Esdras et le Deuxième Livre de Baruch, Béhémoth, ainsi que Léviathan, font partie de l’ensemble des êtres créés par Dieu le cinquième jour là où « les eaux sont rassemblées ». Mais, contrairement à la description qui est faite de lui dans les écrits canoniques, s’il a bien une origine aquatique, il ne vit pas dans l’eau, car il a été, postérieurement à sa création, précipité par Dieu dans une région désertique. Décrit comme un monstre énorme ou comme un « dragon mâle » qui a été séparé par Dieu du dragon femelle nommé Léviathan (Livre d’Hénoch, LX, 7), il représente la terre et habite un désert, que le Livre d’Hénoch appelle Dendayn et situe « à l’est du Jardin qu’habitent les élus et les justes ».

    Interprétations

    Le terme de Béhémoth est le pluriel du mot hébreu behemah, qui signifie « bête, bétail ». Pluriel générique, il incarne la bestialité, la force brute que seul Dieu peut contrôler et soumettre, et représente le Mal, ce qui explique la tradition chrétienne ait attribué son nom au Démon. En raison de la description qui est faite de lui dans le Livre de Job, il a souvent été assimilé à l’hippopotame. Dans d’autres interprétations, il a pu être vu comme un éléphant, ou encore comme un buffle.



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    Les Djinns ont deux origines et deux facettes. La première est purement religieuse. La seconde prend sa source dans les croyances populaires. Ils sont génies ou démons, bienfaisants ou non. Mais qu’elles que soient les racines qu’on leur donne, ils font partie intégrante de la spiritualité musulmane.

    Les Djinns dans l’Islam :

    "Ceux qui viennent du ciel étoilé" : telle est la traduction de Djinn selon la racine hebraique. Ce sont des créatures aux pouvoirs surnaturels. Ils ont été créés à partir de la "lumière d’une flamme subtile, d’un feu éclairant". On note trois catégories de Djinns:Les ’afarits ou djinn de feu, les Maritins ou Djinn d’eau, les Sylphes ou djinn d’air. Ce sont des êtres bons ou mauvais qui ont le pouvoir de posséder les hommes en état de souillure ; c’est à dire ceux n’ayant pas fait leur ablution rituelle ou ayant consommé des aliments interdits tels que de l’alcool, de la drogue, ou de la viande illicite. Les mauvais Djinns répondent au nom de Shéiètines, traduction de Satan, et sont considérés comme des diables. Tous, quels qu’ils soient, sont appelés à croire au Dieu unique et subiront le Jugement dernier. Dans l’Islam, les Djinns sont, malgré tout, associés au polythéisme et à la sorcellerie. Car, si seul Dieu peut connaître l’avenir, les musulmans pensent, en revanche, qu’une personne pactisant avec un Djinn peut obtenir une force supérieure et savoir plus de choses que le commun des mortels.

    Les Djinns dans la tradition populaire :

    Ce sont des créatures issues du folklore sémitique, c’est à dire de contes, récits, ou légendes venant d’Afrique septentrionale ainsi que du Moyen-Orient et du Proche-Orient. Ils sont une autre race que les hommes, mais vivent sur terre, au milieu de ceux-ci. On les reconnait parfois à un comportement bizarre ou à un nom étrange. Ce sont des esprits qui ont une forte capacité d’influence mentale et spirituelle sur l’homme. Ils sont invisibles mais peuvent prendre différentes apparences. Ainsi, on les retrouve sous des formes végétales, animales, ou anthropomorphes. S’ils vivent parmi les hommes, on peut aussi les trouver dans des cimetières, des forêts, ou des points d’eau. La tradition populaire veut que le Djinn se présente souvent sous la forme d’un serpent. Enfin, les légendes pré-islamiques laissent entendre que les Djinns étaient les muses des poètes.


    Pour les musulmans, les Djinns, y compris le Diable, ne sont pas des Anges. Dans la religion judéo-chrétienne, l’Ange n’a pas de libre arbitre et obéit en tous points à Dieu. Le Djinn a la possibilité de désobéir et de commettre des péchés. C’est une créature qui, comme l’homme, peut être croyante ou athée. Contrairement à l’homme, "être qui oublie", le Djinn a la mémoire de ce qu’il vit depuis sa naissance et jusqu’à sa mort.


    "C’est l’essaim des Djinns qui passe,
    Et tourbillonne en sifflant.
    Les ifs, que leur vol fracasse,
    Craquent comme un pin brûlant.
    Leur troupeau lourd et rapide,
    Volant dans l’espace vide,
    Semble un nuage livide
    Qui porte un éclair au flanc."
    Victor HUGO- Les Djinns- Les Orientales.


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