• Méso-Amérique et Amérique du Sud


    La Méso-Amérique : les grandes civilisations dualistes

    C’est en Méso-Amérique que sont nées les plus grandes civilisations amérindiennes connues regroupant les cultures préclassiques (Zacatenco, Ticomán, La Venta), les civilisations classiques (Teotihuacan, Monte Albán, vallée d’Oaxaca) et les civilisations historiques (toltèque, mixtèque, aztèque, zapotèque, tarasque, etc.) ainsi que la civilisation maya. Mais ces grandes civilisations ont toutes connu, après une période hégémonique, un déclin brutal et définitif. Avec l’extermination et la soumission de ces peuples par les Européens, ont disparu les civilisations, les cultures orales ou écrites, dont il ne reste aujourd’hui que quelques vestiges lapidaires et quelques pictogrammes, parfois encore assez obscurs. L’art amérindien n’avait pas une fonction esthétique, mais il devait interpréter les mythes, exercer les cultes et témoigner de la grandeur des divinités. On suppose qu’il existe entre ces civilisations plusieurs liens, et certaines divinités — comme le serpent à plumes, la déesse de l’eau ou le dieu du feu — déjà présentes dans la civilisation de Teotihuacan se retrouvent dans une grande partie des civilisations plus tardives (toltèque ou aztèque).

    Le dualisme est au cœur des religions précolombiennes de la Méso-Amérique. La lutte entre les forces de la nature, les dieux bienfaisants (pluie, tonnerre, foudre) et les divinités malfaisantes (sécheresse, tempête, guerre), entre le Soleil et la Lune, le Jour et la Nuit, ainsi que la destruction des quatre mondes régissent la mythologie méso-américaine. Ainsi, chez les Toltèques et les Aztèques, les deux grands adversaires divins sont Quetzalcoatl et Tezcatlipoca, qui détruisent chacun à leur tour le monde créé par l’autre. Le principe fondamental de ces croyances est la dualité nécessaire à l’unité universelle. La civilisation maya, que l’on connaît aujourd’hui le mieux, possède, outre un panthéon particulièrement riche, une cosmogonie très étudiée.

    Les Mayas croient en un Créateur suprême, Hunab, dont le fils Itzamna — sorte de dieu civilisateur, seigneur des Cieux, de la Nuit et du Jour — offre aux Hommes l’écriture, le codex et peut-être le calendrier. La déification des phénomènes naturels et de l’agriculture est très importante et les cultes sont strictement observés (Chac, le dieu de la Pluie, Kukulkan, dieu du Vent ou encore Yum Kax, dieu du Maïs ou de l’Agriculture).

    Certaines croyances et rites anciens subsistent dans la plupart des tribus mayas actuelles (notamment chez les Lacandon) — on retrouve effectivement la divinité mythique de la pluie, les gnomes des champs de maïs, les sirènes malignes, etc. — mais la théogonie, la cosmogonie, le codex de la période précolombienne ont été totalement abolis par la christianisation.

     L’Amérique du Sud : les jumeaux civilisateurs

    Dans les mythologies d’Amérique du Sud, le thème de l’origine du monde n’est jamais énormément développé, que ce soit dans les régions andines, caraïbes ou amazoniennes. Le mythe étiologique varie, pour sa part, énormément et l’on distingue des croyances plus ou moins locales très diverses pour expliquer l’apparition du monde naturel (animaux, végétaux), ainsi que du monde matériel (mouvements des tribus, émergence et déclin des cultures).

     Il existe toutefois souvent un Dieu créateur (chez les Guajiro, le démiurge Maleiwa, chasseur qui crée les Hommes à partir d’argile). La création des Hommes par le Dieu suprême est souvent reliée au mythe du déluge, punition divine. Ce Dieu suprême, après avoir provoqué le déluge, est également souvent à l’origine de la création des montagnes, des animaux, des rivières, mais aussi du soleil et des constellations.

    Un héros culturel, civilisateur, quelquefois identifié au Dieu créateur, au fils du Créateur ou encore à un homme aux pouvoirs divins, apparaît à la suite du déluge. Il est considéré comme l’ancêtre légendaire des tribus. Tout comme en Méso-Amérique, la plupart des mythes et légendes des Indiens d’Amérique du Sud sont associés aux cycles agricoles, mais aussi à la dualité. C’est effectivement l’opposition entre les forces divines, les saisons, les sexes, etc., mais aussi l’importance des mythes gémellaires et de la force divine et civilisatrice des jumeaux qui caractérisent les principales civilisations d’Amérique du Sud.

     Les figures mythiques traditionnelles sont celles du Jaguar (ou félin comme le puma), de la Mort (âmes des morts et culte des ancêtres) et de l’El Dorado. Chez les Andins, les tribus indiennes, la plupart du temps héritières des Incas, croient en une multitude d’esprits et de forces : tout est sacré, mais le panthéon reste assez restreint. Outre un dieu suprême (le plus ancien de la mythologie panandine), Viracocha (ou Wiraqocha), qui crée l’Univers, fabrique les Hommes, le Soleil, la Lune avant de disparaître, les principales divinités incas sont celles du Soleil (Inti, qui a aujourd’hui totalement disparu), de la Lune (Killa, qui conserve encore aujourd’hui ses caractères divins, surtout dans les sociétés agricoles), de la Foudre (Illapa), de la Terre Mère (Pachamama), etc. (voir mythologie inca).


  • Commentaires

    1
    bastieng
    Mercredi 13 Janvier 2010 à 13:42
    salut j aimerai savoir ou es que tu a pu avoir cette sculpture du calendrier maya ? ou , es juste une photo que tu a trouver ? merci de me répondre si tu le peu a cette adresse bastienguillemin@yahoo.fr
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