• Le labyrinte de la cathédrale de Chartres

    Des nombres et des chiffres !

    Le labyrinthe de Chartres est sans doute le plus grand de France et il s’en fallait de 11 millimètres (sic) pour qu’il mesure 13 mètres de diamètre ! On a frôlé un nombre symbolique qui eut fait frémir plus d’un ésotériste et plus d’un symboliste. Hasard des mesures, ou volonté dirigée ?
    En effet, si l’on retient que 11 millimètres est une erreur ou une volonté liée au tracé du labyrinthe il faut aussi en souligner une autre du même type tout aussi formidable. Nous sommes tout à coté des fameux carrés de Terre et de ciel ayant consigné la naissance de l’édifice. Dans le cas de Chartres, la figure de base dite "carré" est un rectangle s’approchant de la proportion idéale dont les dimensions sont : 16,40m pour 13,99m. Jean Villette ajoute que le carré rectangle est imposé par les bases de l’ancienne crypte où s’appuieront certains ancrages de piliers qui expliqueraient une nécessité incontournable de stabilité. Puis il ajoute que l’usage d’une "table de logarithmes fait ressortir une erreur de 11 millimètres dans le rapport des 2 côtés du carré d’où surgit la totalité de la cathédrale soit 130,20m dans sa longueur et 62,78m dans celle du transept..."
    Et si le labyrinthe avait eu pour clé d’ouverture le nombre 11... et bien il serait étroitement en correspondance avec 666 et 777 ! Et nous nous retrouverions au seuil d’une dimension toute de blanc et de noir dont personne n’ose approcher ni la réalité ni les conséquences !

    Si l’on considère les diamètres du Décumanus et celui de base du tracé d’origine, leur correspondance arithmétique donne la proportion, sans décimale de 6 (décumanus) et 6 (cercle d’origine).
    Et la cathédrale de Chartres se trouve sur ce rapport dans ses dimensions d’envergure : 6 pour la largeur du transept et 7 pour celle de la nef ! On peut encore ajouter que cette proportion "6-7" s’inscrit dans une figure célèbre où un cercle contient un triangle dont la base engendre un carré buttant sur la circonférence du cercle, produisant ainsi le carré dit "doré" qui n’est autre que le rectangle royal produit par une sorte de quadrature insolite... mais bien réelle !

    Toujours une mathématique curieuse : le diamètre du labyrinthe fut prévu pour correspondre au dixième de la longueur intérieure de la cathédrale. Le point central de la figure géométrique par rapport à celui du transept est égal à la longueur des 4 travées du chœur !
    Faisons appel à quelques réflexions verbales, et jouons avec les mots et sur les mots :
    Le centre du périple est un cercle dans lequel nous entrons et qui se trouve orné de 6 lobes. "Entrer dans un cercle" équivaut à être admis dans un groupe, ou un lieu, très fermé... à y être initié pour y être reconnu.
    6 lobes- Nous retrouvons la marque du 6 de la création du labyrinthe, donc nous sommes à son origine virtuelle. Mais plus encore personne n’a jamais remarqué que le mot labyrinthe commence par le son "labi" = labiale = lèvre ! Retour à la naissance mais surtout au passage de la vie, du souffle, du verbe, du mot, du son. Le nombre ici engendre le verbe et réciproquement ! Le cercle spirituel parfait, le lien idéal du créateur à la créature.
    Pour "certains chercheurs" devenus des "chercheurs certains" le labyrinthe est la représentation de l’oreille et de son colimaçon. Et si la solution résidait là. Car le son (souffle et lèvres) n’est rien sans le sens de réception (l’ouïe) et son organe indispensable (l’oreille). Ne dit-on pas que le pavillon auriculaire représente un enfant à la naissance ? S’il s’agissait d’un labyrinthe-colimaçon nous aurions alors la preuve formelle que certaines de ces réalisations seraient l’œuvre d’initiés templiers.

    Lorsque l’on entre dans la cathédrale de Chartres, il suffit de quelques pas pour se trouver face au labyrinthe. Il est là, comme un défi à relever. Tout autour, ses épines veillent dans le silence de la pierre. La rose en son centre sera le trophée de celui qui saura parvenir jusqu’à elle.

    Nos premiers pas, après un court détour, nous conduisent rapidement tout près de la rose. Nous sommes encouragés par cette promesse de succès...

    ...mais voilà que le sentier s’écarte et tourne comme les circonvolutions de notre cerveau. Et nous cheminons sur le côté gauche. Cerveau gauche : l’intellect. Celui qui calcule, qui compte, qui raisonne. Le sentier nous intéresse. Nous poursuivons.

    Nous passons à droite et, là encore, très vite, nous approchons du centre pour nous en éloigner.

    Cerveau droit : premières expériences psychiques marquantes, impressions subjectives, nous prenons conscience d’un monde différent. Mais déjà, nous voulons l’analyser et revenons vers le cerveau gauche.

    Nous cherchons des savoirs et nous tentons d’en faire le tour , intellectuellement. Bientôt, de nombreux concepts jusqu’alors inconnus nous deviennent familiers. Certains, ne voyant pas ce qu’ils pourraient apprendre de plus, n’iront pas plus loin. Et passeront le reste de leur existence à faire des discours et à expliquer la vie aux autres. Stagnation.

    D’autres franchiront ce pont, la connexion entre les deux cerveaux qui se trouve la plus proche de l’Orient. Et ils entreront dans ce monde ignoré de l’intellect où l’on ne peut demeurer qu’après avoir rassasié et maîtrisé celui-ci, en avoir fait un outil et non plus un frein. Dans ce monde nouveau, il faut alors vivre et oser l’expérience et la vivre pleinement. Ici, les discours n’ont pas leur place. L’heure est à l’action : l’action-service envers l’humanité tout autant que l’action-démarche active vers le centre de Soi.

    Mais le sentier s’éternise et, de rose, toujours point ... Et c’est une double circonvolution si longue et si lointaine du centre que tout devient découragement, non plus intellectuel, mais intérieur voire physique : la nuit obscure de l’initié où le vécu perd son sens au-delà de l’idée que l’on peut s’en faire.

    Certains, encore, resteront là : déçus, usés, brisés. D’autres puiseront dans une foi sans objet le courage de poursuivre. Et, retrouvant l’axe du départ, vivront à nouveau le doute dans un ultime détour, comme s’il était trop simple d’avancer vers le cœur. Car c’est bien dans le cœur que nous pénétrons alors, dans la rose dont enfin nous respirons le parfum.

    Fiers d’avoir parcouru ce long périple et d’en avoir franchi avec succès toutes les épreuves, nous croyons être arrivés tandis que, par cette simple analyse, nous fabriquons de toutes pièces le plus subtil et le plus dangereux des écueils de la route. Croyant avoir conquis la rose, nous sommes en réalité enfermés au centre de notre Satisfaction d’avoir maîtrisé nos deux cerveaux et d’avoir avancé avec courage jusqu’au bout du sentier.

    Si nous restons, nous vivrons captifs dans l’illusion d’être libres. Notre orgueil aura alors tout loisir de s’exprimer. Il faut sortir et continuer car le coeur du sanctuaire n’est pas ici. Mais faudra-t-il refaire tout ce chemin et quitter le labyrinthe par l’Ouest, vers le soleil couchant ? Comme une défaite avec le goût amer de l’effort inutile ? Avant de repartir, nous goûtons encore cet endroit et c’est à genoux, le reste de la nuit, que nous prions pour que la lumière apparaisse à nouveau au milieu de nos ténèbres. Alors, si notre coeur est pur dans sa demande, aux premiers rayons du soleil levant, la Lumière se fait enfin.


  • Commentaires

    1
    santafe42
    Mardi 15 Septembre 2009 à 22:02
    tres instructif cet article!!!!! bonne soiree
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