Blog sur la spiritualité et les religions, poèmes personnels de sagesse et d'humanisme
les alchimistes classiques identifient le labyrinthe comme un résumé des connaissances hermétiques et chimiques du roi Salomon, sur le plan symbolique, bien entendu. Fulcanelli voit dans le tracé des cercles concentriques interrompus le ‘travail entier de l’œuvre, avec ses difficultés majeures: celle de la voie qu’il convient de suivre, pour atteindre le centre, où se livre le combat des deux natures ; celle du chemin que l’artiste doit tenir pour en sortir.’
Mais nous ne sommes plus à l’époque de monsieur Fulcanelli et il serait à propos de se demander s’il reste UN ‘artiste’ pour cheminer, sincèrement et honnêtement, vers le savoir et le démiurge… au long d’un labyrinthe comme celui de Chartres sans prétendre, comme c’est un peu trop souvent le cas, y vivre des visions et sensations fantasmagoriques ? Car, commencer le périple d’un labyrinthe c’est, surtout, aller à la découverte de soi et abandonner en cours de cheminement, corps, sentiments, idées et raisonnement, pour ne plus voir que le soi, reflet de lumière, puis revenir en témoigner parmi les profanes. C’est une mystique certaine qui incite à cette démarche, mais c’est la foi qui assure le pèlerin et la grâce, et qui, enfin, rend possible non seulement la révélation, mais le retour.
En conclusion de ce travail, nous pourrions nous demander ce que voulaient lancer dans le temps les initiateurs de ces énigmatiques cheminements qu’étaient les labyrinthes. Etait-ce la partie intégrante, ou la matérialisation, d’un inconscient collectif ? Une interrogation sur la manifestation de la vie à la recherche de son initialité? Une interrogation telle qu’il y avait nécessité de la conjurer afin de parvenir à la résoudre ? Peut-être un message aux hommes de demain, que nous sommes, concernant une démarche à poursuivre ou un avertissement de l’inanité d’une approche vouée à une auto-destruction. Est-ce la mise en action d’une correspondance cosmique ou universelle?... Ou tout à la fois ?!
Le labyrinthe n’en finira pas d’être un lieu interrogateur ou ‘dévorateur’. Il est indéniable que ses mythes véhiculèrent jusqu’à nous une partie, ténue, de la Tradition, alourdie de symboles contradictoires, de légendes obscurcies par une morale démagogique.
Enfin, il conviendra, pour notre plus grand bénéfice, de redécouvrir le sens des actes, des pensées qui motivèrent création et projection dans le temps du labyrinthe éternel… car cette aire de déambulation énigmatique est peut-être, tout simplement, le dernier espace de liberté totale qu’il nous reste!