• Ufologie et religion: les ovnis une croyance?


    Les Ovnis constitueraient-ils une nouvelle forme de religion? Voici une question qui revient assez souvent de nos jours. Cela a pour conséquence d'assimiler les passionnés d'ufologie à des croyants ou des simples d'esprit. Réduire l'ufologie à un mouvement sectaire basé sur une simple croyance montre une méconnaissance certaine de la réalité. Peut-on sincèrement affirmer que l'explication ou l'existence des OVNIS résultent de la simple croyance? Qu'il n'y aurait pas de faits historiques irréfutables?

    "La croyance est le fait de tenir quelque chose pour vrai, et ceci indépendamment des preuves éventuelles de son existence, réalité, ou possibilité. Par métonymie, le terme désigne aussi l'objet de cette croyance. Le concept philosophique de croyance fait partie de la théorie de la connaissance. Les croyances (religion ou autres) sont aussi un objet d'étude de l'anthropologie culturelle. On associe quelquefois ce terme à celui de superstition.Pour désigner une croyance erronée, on parle quelquefois de mythe."

    D'une part, il y a un certain nombre de faits irréfutables et de constats logiques et rationnels. Il ne s'agit pas d'une croyance. La différence avec la religion c'est que le phénomène est prouvé (détection radar).  A partir du moment ou un pilote voit un engin manufacturé, piloté par une intelligence qui réalise des performances extraordinaires et qui est détecté sur son radar on ne peut arriver qu'a la conclusion qu'il s'agit d'un objet matériel sans pour cela faire appel à des croyances.

    D'autre part, on trouve également ce genre de déclaration: "Dieu et les ovnis c'est la même chose chacun est libre d'y croire" Ceux qui sont à l'origine de celle-ci n'imaginent peut être pas qu'ils viennent de mettre le doigt sur un point extrêmement sensible. En effet, il se pourrait que le phénomène ovni soit à l'origine des croyances en des "dieux venus du ciel". Certains éléments montrent en effet que les observations d'ovnis étaient courantes dans l'antiquité. Il se peut donc, même si c'est une hypothèse qui demande investigation, que des manifestations d'ovnis soient à l'origine de certaines religions et légendes. Pour les hommes de l'époque, tout phénomène céleste était associé à des manifestations de dieux ou d'êtres surnaturels. Par exemple en Afrique,  les phénomènes lumineux et les rencontres avec des entités sont attribués aux djinns. Il se peut donc que dans les textes sacrés nous ayons affaire à des témoignages sous une autre forme.

    « Il n'y a pas, il n'y a jamais eu la science d'une part, et les mythes de l'autre. La part de savoir pertinent, dans un mythe donné, une tradition millénaire, une pensée sauvage, est probablement aussi grande que la part de mythologie qu'enveloppe avec elle une science donnée. Nous en savons quelque chose, nous autres Occidentaux, gorgés de science depuis des millénaires, et encombrés de toutes parts des farces et attrapes glissées sous ce vocable. »

    La croyance se manifeste tout d'abord dans les expressions du type: "j’y crois, j’y crois pas" qui n’ont d'ailleurs strictement aucun intérêt. Basons-nous s’il vous plaît sur des faits, des éléments de preuve et non sur des croyances. Il faut que votre opinion soit justifiée et logique. Il est complètement immoral de dire "les ovnis sont des inventions et les témoins des fous crédules" en se basant sur la norme de la société et non sur une réflexion personnelle sur le sujet. "Croire est le contraire de savoir. Si je crois, je ne sais pas. Si je sais, je ne crois pas".  Cela renforce l'idée que si l'on pense que les ovnis sont réel on doit forcément être dans une forme de croyance. Or il n'en est rien on peut affirmer sa conviction de l'existence des ovnis sans croire. Il y a bien un phénomène. Il ne s'agit donc pas de croire puisque le phénomène est là, bien réel. On constate mais on ne croit pas. Donc il faut faire trés attention dans les formulations et dans la façon de présenter les choses.

    On entend dire souvent que l'ufologie est une pseudoscience, que l'ovni est une forme de croyance, d'irrationnel. A l'examen, les arguments des “ sceptiques ” sont au moins aussi faibles que ceux qu'ils attribuent aux naïfs. Ils réservent en effet aux soucoupes des arguments qu'ils n'utilisent pas pour les faits scientifiques “ normaux ”. Finalement, ce sont eux les naïfs. Ils veulent passer pour des gens sérieux qui ne croient pas aux ovnis. Mais ils croient dur comme fer qu'il existe des naïfs qui croient aux ovnis. S'il y a bien une bizarrerie, c'est celle-là. Et les sceptiques demandent souvent au sociologue d'expliquer ces croyances et leurs raisons profondes. Mais s'il y a une chose que la sociologie nous enseigne depuis peu, c'est de ne pas croire en la croyance. Je m'explique : l'hypothèse selon laquelle les témoins et les passionnés d'ovnis ne se comportent pas comme des esprits rationnels, l'hypothèse selon laquelle il y aurait une profonde différence entre ceux qui examinent les faits sans se laisser influencer par leurs croyances et ceux qui sont incapables d'une telle maîtrise épistémologique et méthodologique, l'hypothèse selon laquelle les témoins et les amateurs de soucoupes sont des naïfs à l'esprit influençable, cette hypothèse, pour séduisante qu'elle puisse paraître au premier abord, ne fournit pas, finalement, une explication très performante.

    le chercheur qui procède ainsi “ utilise alors le type de technique rhétorique par rapport à laquelle la science est censée se démarquer: utiliser le pouvoir des mots pour occulter une difficulté, pour faire taire un problème ” Ensuite, parce que des études toujours plus nombreuses en histoire et en sociologie des sciences, malheureusement inconnues en dehors de quelques cercles de spécialistes, permettent d'établir qu'il n'y a pas d'un côté des gens sérieux et de l'autre des naïfs, qu'il n'y a pas d'un côté du savoir et de l'autre de la croyance. Il n'y a pas de différences profondes entre la pensée des scientifiques et celle des amateurs de soucoupes ou de paranormal. Ce résultat, qui a des implications importantes en sociologie, a aussi des implications pratiques sur la façon dont on traite les énoncés dans le cadre des débats et notamment la différence de traitement que l'on réserve aux amateurs d'ovnis par rapport aux scientifiques qui étudient la vie extraterrestre.

    En fin de compte, répétons-le, la seule bizarrerie c'est l'idée que les autres croient. Parler de naïfs à propos des ufologues ou des témoins d'ovnis revient à entériner un modèle aujourd'hui largement battu en brèche de la culture scientifique selon lequel le public n'est bon qu'à apprendre, de gré ou de force, et non à discuter la connaissance scientifique. Pendant deux siècles au moins on a envisagé que le savoir allait du haut vers le bas, des savants vers le peuple. Le peuple devait apprendre. Lorsque des énigmes comme le magnétisme animal, les phénomènes spirites ou les soucoupes volantes se produisaient, on invoquait l'irrationalité, on nommait éventuellement une commission scientifique dont les conclusions étaient invariablement les mêmes : il n'y a rien et ça ne fait nullement avancer la science d'étudier de tels phénomènes.

    Les savants ont du public et de son prétendu “ émerveillement face aux soucoupes ” des idées très naïves, au moins autant que celles qu'ils attribuent à ce public sur les soucoupes. Aujourd'hui d'autres modèles que celui de la science savante et de la nécessité de sa vulgarisation pour contrer le “ besoin de merveilleux ” d'un public naïf ont apparu[14]. Aujourd'hui le savoir est négocié et non plus seulement ingurgité de gré ou de force. Aujourd'hui on ne peut plus se contenter de séparer la connaissance et la croyance, la science et la superstition. Les ethnopharmacologues étudient les remèdes des chamans, l'hypnose n'est plus une science occulte et l'on commence (oh, encore si peu !) à écouter les malades sur leur lit d’hôpital. Quand un non-savant s'exprime, on commence à envisager de l'écouter et on l'invite, parfois, à la table des négociations (ce n'est pas toujours de gaieté de cœur et il faut se battre pour obtenir un tel droit de parole). Les soucoupes nous offrent une formidable opportunité de suivre comment cette négociation s'opère, comment certains négocient le droit à produire des faits et de la connaissance face à des experts qui ne peuvent plus se contenter d'échappatoires en invoquant le manque de culture scientifique ou la superstition. Ce qui s'est généralisé avec les Verts, Act Up ou le Généton, on le trouvait dès les années cinquante dans les clubs soucoupistes : cette volonté de la part d'amateurs de discuter les contenus des savoirs scientifiques. “ Nous avons un problème ; nous voulons qu'il soit pris au sérieux et nous ne voulons pas être exclus du débat à si peu de frais ”, clament tous ces acteurs. Or, si l'on accepte que les savoirs sont discutables et négociables, il faut renverser le sens de la critique : c'est le savant dont les idées doivent être discutées. La question n'est plus : pourquoi voit-on des soucoupes ? Mais bien : pourquoi les scientifiques n'en voient-ils pas ?

    Si les amateurs voient des choses que les scientifiques ne voient pas, on suppose que c'est parce qu'ils ont à la fois quelque chose en moins par rapport à ces scientifiques (la méthode) et quelque chose en plus (la pensée magique, le besoin de merveilleux). Un fossé infranchissable est censé courir entre l'esprit rationnel des scientifiques et l'esprit irrationnel des témoins. Bref, on est en droit de se demander si les ovnis ne mériteraient pas moins une étude scientifique qu’une étude sociologique. Les amateurs d'ovnis sont ici victimes du discours classique sur les pseudosciences. Il y aurait deux formes de pensée radicalement différentes. D'un côté, la pensée droite de la science, de l'autre le chemin tortueux de l'irrationnel. D'un côté le scientifique observant la nature sans préjugés, de l'autre l'amateur de soucoupes qui en voit partout au mépris des faits. Mais il n'y a pas plus d'irrationnel que de pensée magique ou de superstitions. Les anthropologues et les sociologues auxquels on demande toujours d'expliquer pourquoi il y a tant de différences entre les esprits rationnels et les esprits irrationnels, entre les scientifiques et les “ para-scientifiques ”, ne peuvent que répondre qu'ils ne comprennent pas ce que ce partage recouvre.

    D'après certains "esprits forts", les gens seraient incapables de reconnaître la Lune, un ballon-sonde, Vénus, voire des avions. L'astrophysicien André Brahic résume une opinion répandue lorsqu'il affirme que “ si l'on en croit certains rapports, tout se passe comme si les extraterrestres ne se montraient qu'à ceux qui n'ont aucune culture scientifique. ” C'est totalement faux. Proposons à André Brahic l'expérience suivante : demander à des personnes prises au hasard de dessiner un ballon-sonde, la lune, Vénus etc, ou de les reconnaître sur photo. Résultat : très peu de gens se trompent. Ils ne savent pas forcément tous dessiner mais ils savent tous à quoi ressemblent ces objets. Ce qu'ils ne peuvent parfois pas reconnaître, et qui est à l'origine des observations de pseudo-ovnis, ce sont ces mêmes objets dans des conditions d'observation directe. En effet, le problème n'est pas l'incapacité des gens à reconnaître ces objets ou leur ignorance dans le domaine technologique et scientifique, mais bien qu'ils ne connaissent — comme nous tous, à quelques exceptions près — ces objets que par les livres ou la télévision et que ces objets se présentent très différemment selon qu'on les voit dans un livre ou qu'on les observe dans le ciel.

    Lorsqu'on ne nous l’a pas appris, il n'y a absolument aucun moyen de faire le lien entre un objet vu et le même objet lu. C'est même le contraire qui serait étonnant. Non seulement le même phénomène se présente sous des aspects complètement différents mais en plus les conditions de perception ne sont absolument pas identiques. Lire un article illustré sur les satellites chez soi, confortablement installé, et observer un phénomène céleste auquel on n’est pas préparé dans un lieu étranger sont deux choses bien distinctes. Il suffit de décrire le travail nécessaire à un astronome amateur pour apprendre à se repérer dans le ciel, les outils qu'il est obligé d'utiliser pour ne pas être perdu face à la voûte céleste, pour comprendre que lorsqu'on n'a pas ces outils on est facilement ébloui. Les astronomes amateurs observent dans des conditions tout à fait particulières, après s'être préparés, aidés par des outils qui cadrent leurs perceptions. Quant aux astronomes professionnels, ils n'observent pas le ciel mais des traces transmises par des instruments.

    Bref, il n'y a pas besoin de psychologie pour comprendre que les gens confondent parfois la Lune avec une soucoupe. Il suffit simplement de comprendre comment leur culture scientifique a été construite. Or, de nos jours, la culture scientifique est une culture livresque qui n'est pas censée aider à construire une position d'observateur.

    En définitive, ce qui apparaît comme aberrant n'est pas la prétendue inculture scientifique des témoins d'ovnis mais, plutôt, cette absence de réflexion de la part des sceptiques qui voient de l'irrationnel là où il n'y a rien d’autre que la conséquence de la manière dont la culture scientifique est produite et diffusée. Les gens ne sont pas ignares, ils sont au contraire sur cultivés. Par contre, la culture scientifique ne prévoit pas les situations où l'on pourrait être amené à voir, ailleurs que dans des livres ou sur un écran, ces objets produits par la science et la technique.

    Il apparaît donc qu’il n’y a pas lieu d’opposer la croyance des témoins au savoir des scientifiques. Il n'y a qu'une opposition entre des objets théoriques et des objets perçus, entre des personnes qui ont les moyens de relier les deux catégories et d'autres qui n'ont pas ces moyens. Il s'agit d'une différence d'éducation scientifique tout à fait locale, en aucun cas d'une divergence de pensée ou de mentalité.


  • Commentaires

    1
    DREAMOKWA
    Vendredi 20 Novembre 2009 à 23:07
    HAU BIRIBIBI , article interessant mais je n'arrive pas ?erner ce en quoi tu crois... m? si croire n'est pas vraiment le mot appropri?
    Interess?, lu quelques ouvrages, vu des reportages et amateur de films sur le sujet ( de ce c?l?lut??e d'ailleurs!) ... et un soir de juillet, j'ai vu un " ovni" , parce que ?n'existe pas ?a connaissance et encore moins au dessus du centre ville ! je L'ai vu ?resque le toucher , apparition inattendue , lumineuse et silencieuse ! j'en ai pas parl? beaucoup de gens, juste quelques jours plus tard sur un site, pour vider mon sac si je puis dire... et quelques mois plus tard, sur le journal, une alerte ( mot violent ?on avis!) aux ovni en vaucluse!!! je n'?is pas la seule ....
    Cette appartion a ? superbe , r?le et merveilleuse, un cadeau ...
    bien ?oi, merci pour tes votes ... d?l?je viens si peu sur BW
    Dreamokwa
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