• Science du cerveau et sentiment religieux.


    Journaliste à Sciences et Avenir, Patrick Jean Baptiste, neurophysiologiste de formation, présente les recherches des "neuro-apôtres", ces savants américains qui se sont lancés dans la quête des "neurones du sacré". Véritable phénomène scientifique, ces "neurosciences" (neurobiologie, neurophysiologie, neuropsychiatrie...), très médiatisées aux Etats-Unis, sont encore balbutiantes en France.

    L'auteur montre comment les sciences du cerveau expliquent et permettent même de localiser les sentiments religieux qui habitent l'homme depuis des millénaires. A partir d'IRM et de diverses mesures réalisées sur le cerveau de moines bouddhistes en méditation ou de religieuses en prière, il apparaît que l'expérience spirituelle est intimement liée à la biologie humaine.

    Dans le cas de la méditation, l'extase absolue, le "nirvana", résulterait d'une rupture des équilibres neurophysiologiques. Le lobe pariétal gauche, chargé de maintenir la coupure entre soi et les autres, peut alors ne plus accomplir son rôle.

    En se basant sur des descriptions fournies par les Evangiles, le Coran ou les livres d'histoire, les neuropsychiatres pensent avoir diagnostiqué des cas d'épilepsie du lobe temporal droit. Le dysfonctionnement électrique de ces neurones provoque en effet des hallucinations auditives ou visuelles très particulières. Le sujet, en phase aiguë, perçoit des voix ou de la lumière. Paul de Tarse (saint Paul) et Jeanne d'Arc seraient des cas typiques, mais ils ne seraient pas les seuls. Il y aurait aussi Bouddha, Mahomet, sainte Catherine de Gènes, sainte Thérèse d'Avila, sainte Thérèse de Lisieux...

    LE ROLE DU SENTIMENT RELIGIEUX

    De tout temps l'homme s'est posé des questions sur la nature, sur la vie, sur lui-même... Son besoin de connaissance est immense et va croissant. Dès qu'une question est résolue, une autre, dix autres surgissent.
    La religion, la première, a tenté d'apporter des réponses à ces questions, le plus souvent sous forme de certitudes puisées dans une Révélation divine (cas des grands monothéismes).

    L'usage de rationalité et la libération progressive de la pensée de l'emprise des religions ont permis à la métaphysique d'échafauder des théories explicatives, certes basées sur un raisonnement logique mais purement spéculatif car inaccessible à l'expérimentation.

    Au siècle des "Lumières", les sciences qui entraient dans leur époque moderne, ont pris conscience de l'impossibilité, en raison des limites mêmes de la condition humaine, d'acquérir des connaissances au-delà de l'expérience et donc de la vanité de la quête de l'absolu.

    La science, par ses méthodes, sa rigueur, son humilité (elle ne prétend pas donner des réponses immuables ou des certitudes), ses résultats concrets et vérifiables expérimentalement, donne des réponses qui sont quasi universellement admises (quasi, car il existe encore des créationnistes !). Les domaines couverts par la science sont de plus en plus larges, ce qui oblige les religions et la métaphysique à se repositionner régulièrement par rapport à elle.

    La curiosité et l'intérêt de l'homme pour ce qui l'entoure sont tels que les questions qui ne sont pas encore résolues par la science ne sont pas prêtes de s'épuiser. La religion et la métaphysique, qui se nourrissent de l'ignorance des hommes, ont encore du grain à moudre. La critique obstinée des vérités "révélées" par les religions ou des abstractions réifiées, puis déifiées par la métaphysique, est un combat indispensable pour que l'homme puisse réellement prendre entre ses mains sa destinée et rendre le monde plus humain.


  • Commentaires

    1
    Beranger
    Lundi 20 Juillet 2009 à 09:49
    La religion c'est donc de l'?ctricit?u de la chimie, m? r?ltat que moi. Bonne journ?
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