• Religion et croyances, définition


    Doctrines et croyances

    Les traditions religieuses développent un ensemble de valeurs, des conseils concernant la vie morale et procurent ainsi un enseignement moral, plus ou moins contraignant, censé orienter le croyant et sa communauté vers son « salut » ou sa délivrance et, par conséquent, l'éloigner de l'erreur ou de la souffrance. Cette morale ou éthique religieuse peut développer des règles dans tous les domaines de la connaissance et de la société. Quelle soit normative ou téléologique, la morale religieuse se présente souvent comme une morale absolue ou une « vérité morale » qui présuppose une nature humaine universelle ou une loi naturelle ; on parle alors de réalisme moral. A contrario, elle peut apparaître comme une « construction sociale » qui n'a d'autre bien-fondé que l'intérêt du groupe ou de l'individu.

    La plupart des traditions religieuses donne naissance à des traditions juridiques où l'ordre divin est le garant de la justice. Parmi les codes, lois et instructions religieuses mis en place à cet effet, on peut citer le droit canonique romain, les dix commandements, la Halakha, le Dharma. Au XIXe siècle, le catholicisme a élaboré une doctrine sociale, qui a été mise en pratique dans le catholicisme social.

    Les croyances ne sont pas toujours liées à une religion. Inversement, certains dogmes ou croyances religieuses, comme la réincarnation, peuvent être acceptés isolément sans adhérer au système religieux d’où ils sont empruntés.

    Croyances religieuses, sacré et cohésion sociale

    La religion structure également le rapport à l'autre, humain ou non. Une autre problématique dont traite la religion en tant que facteur de cohésion sociale est celle du pur et de l’impur, et du rapport à son autre, c'est-à-dire, au non-religieux dont elle trace les contours. On peut penser ce rapport en termes essentialistes, ceux de sacré et de profane, ce que font, en fait, tous les théologiens qui n'osent plus parler de leurs convictions que par le détour d'un métalangage. Mais on peut aussi aller plus loin, ne pas s'arrêter là où la théologie le demande, et aborder la religion comme on le fait pour n'importe quel autre aspect de la vie sociale. Dans cette approche, la religion ne se pense plus comme une option mais comme l'un des procédés non-optionnels, universels, par lesquels une société se perçoit, trouve et prend sa place dans le monde.

    L'expérience spirituelle
    Sur un plan subjectif, les religions sont associées à l'expression d'une « expérience spirituelle » (extase mystique, oracle, révélation, éveil) dont on trouve la trace dans la majorité des cultures. Les croyants se fondent sur cette expérience spirituelle pour donner un sens à leur existence (« sens » devant s'entendre dans ses deux acceptions, à la fois comme herméneutique (signification) et comme recherche d'un projet de vie (direction))

    Évolution des formes religieuses

    Anthropologie et formes mythologiques
    Les formes religieuses les plus anciennes, parfois qualifiées de « primitives », sont l'animisme, le fétichisme, le chamanisme. Bien que possédant des similitudes, ces traditions ne constituent pas un ensemble homogène et varient en fonction de la société qui s'y rattache. Bien que documentées pour la période historique, il n'est pas possible d'assigner une origine précise à ces pratiques religieuses.

    Les grands corpus mythologiques remontent pour la plupart à la période de transition entre préhistoire et période historique, la protohistoire. On peut citer comme exemples de mythologies celles de Sumer, de Babylone, les dieux égyptiens, voire la mythologie grecque.

    Ces formes perdurent dans les religions ou spiritualité de différentes zones de la planète : chamanisme d'Eurasie (Nord sibérien), religions d'Afrique, d'Amazonie, d'Océanie, d'Amérique, etc. On peut également citer d'autres religions maintenant quasiment disparues, le plus généralement polythéistes, maintenant classées en mythologie ou religions antiques, originaires principalement d'Eurasie, d'Afrique, ou d'Amérique.

    On peut penser que les cultes anciens de notre ère prennent leurs racines dans ces cultes préhistoriques et ces mythologies

    Éléments des religions

    Univers invisible
    Une religion se fonde sur le domaine surnaturel, un monde de l'esprit, dont la définition peut être variable. La plupart des religions supposent l'existence de relations entre les humains et des forces ou des personnes invisibles, qu'ils soient dieux, anges, démons ou esprits des morts. Le miracle est la manifestation spectaculaire de ces relations, son caractère miraculeux se fondant sur le fait qu'il est impossible à expliquer rationnellement.

    Le croyant qui essaie de communiquer avec ces forces et ces êtres (par une communication fondée sur l'invocation ou l'évocation de l'esprit) peut avoir deux buts :

    il peut chercher à être guidé ou informé - acquérir de l'information - il fait alors appel à l'art divinatoire.

    il peut chercher à se rendre favorable l'action de ces puissances invisibles, par des demandes, prières, ou liturgies propitiatoires.

    Ces pratiques sont probablement l'aspect le plus critiqué par le rationalisme, précisément parce qu'on ne peut les soumettre à la critique expérimentale. L'examen critique d'une telle relation peut se comprendre à deux niveaux. D'une part, la réalité du résultat revendiqué peut être contestable : le « miracle » n'a pas eu lieu, les témoignages sont trompeurs (volontairement ou non). D'autre part, le phénomène extraordinaire d'un thaumaturge n'est pas nécessairement une théurgie (dû à l'intervention d'un esprit extérieur), mais peut être la manifestation de pouvoirs occultes qui sont dans la nature de l'homme mais ne sont pas habituellement maîtrisés (approche de l'occultisme moderne).

    rites, cérémonies
    Les rites sont des signes, symboles et pratiques « en actions », itératifs et stéréotypés, qui unissent les croyants entre eux et avec la ou les puissances supérieures qu'elles reconnaissent. Atténuer les tensions collectives, permettre l'entrée d'un membre dans une communauté ou dans un au-delà, guérir ou lancer une malédiction, les rites tiennent à des fonctions essentiellement sociales et religieuses, de la régulation à l'intronisation. Ils peuvent être inscrit dans des fêtes religieuses.

    Les croyants ou fidèles tendent à se réunir pour des cérémonies et célébrations pouvant comporter des rituels et des prières. Les rites adéquats prennent généralement une forme fixée pour le culte, dont l'ensemble constitue une liturgie.

    Les différentes religions demandent souvent à leurs fidèles d'être en état de pureté avant de pouvoir faire certains actes, comme prier, présider à une cérémonie religieuse, etc. La définition précise de la pureté et la manière de l'atteindre (par exemple par des ablutions) varie avec la religion.

    Bien que les cérémonies ne soient pas nécessairement religieuse - elles revêtent un caractère symbolique et favorise la cohésion sociale y compris dans le domaine profane -

    Exercices spirituels
    Une spiritualité est avant tout une manière d'être en relation avec par la méditation, par la prière, par le mysticisme.

    La plupart des religions proposent une approche spirituelle de type mystique, c'est-à-dire une « approche expérimentale du divin ».

    Le but de l'exercice spirituel dépend naturellement de la doctrine religieuse au sein de laquelle il est pratiqué, mais ces exercices se retrouvent dans toutes les religions, voire en dehors de tout contexte religieux (comme dans la plupart des branches du yoga) : méditations, jeûnes et autres mortifications corporelles, invocations rituelles. Ces exercices ont généralement pour effet, par la répétition, de permettre une meilleure maitrise de l'« esprit » (et notamment de le libérer des distractions corporelles) de former l'âme et éventuellement, d'atteindre des états de conscience atypiques (État modifié de conscience, transes, extases), parfois avec l'aide de psychotropes dans des pratiques chamaniques ou magiques, notamment.

    Ces exercices spirituels sont par nature des pratiques individuelles : ils répondent à une démarche personnelle, toujours volontaire et cette voie n'est le plus souvent suivie que par une minorité, même dans les sociétés religieuses. Ils sont néanmoins généralement intégrés dans une pratique communautaire, que ce soit à travers les rites qui les accompagnent, ou l'existence d'une vie communautaire spécifique (monachisme) destinée à soutenir la volonté du pratiquant et lui épargner toute distraction par rapport à son but spirituel.

    Pour Ignace de Loyola, auteur catholique des Exercices spirituels, il s'agit, « par l’examen de conscience, la méditation, la prière et la contemplation, de chercher et de trouver la volonté de Dieu sur l’organisation de sa vie et le salut de son âme. »

    Symbolisme
    Les religions font grand usage de symboles, le plus souvent particuliers à chacune. Le symbole est en effet un support nécessaire dans le domaine de la métaphysique, du fait que l'objet spirituel ne peut pas être directement vu ou manipulé : le symbole est une représentation de l’absent et de l’imperceptible. Le rituel religieux se fonde ainsi sur la réactivation des symboles.

    Il permet de transférer le discours ou l'action sur un objet sensible spécialement consacré à cette représentation. Le symbole peut être un objet, une représentation picturale (comme le Mandala dans l'hindouisme ou le bouddhisme) ou un concept (comme le mantra, représentation sonore de la divinité), mais également des actes, constitutifs de la liturgie. Une cosmogonie est une façon d'expliquer le monde et son origine (et par là, son organisation « naturelle »), souvent empreinte de symbolisme. Dans les formes les plus anciennes de la religion, les récits mythologiques sont souvent très fortement symboliques.

    Pour les adeptes, un symbole prend (par sa nature même) un caractère sacré, et doit être respecté à ce titre (c'est ce qui conduit à la mise en place des tabous dans les sociétés primitives). En effet, l'utilisation d'un symbole religieux en dehors de son contexte religieux propre (donc dans une contexte profane) constitue littéralement une profanation, événement grave pour le fidèle de la religion, parce qu'il tend à rompre le lien entre le symbole et l'objet spirituel qu'il représente. Une profanation volontaire est généralement considérée comme un blasphème, c'est-à-dire un acte qui manifeste une absence de respect pour le fidèle et sa religion, et appelle des sanctions.

    La gravure sacrée de symboles a été à l'origine des hiéroglyphes (étymologiquement ?ερ?Œς / hierós « sacré » et γλ?φειν / glúphein « graver »), et finalement de notre écriture

    Pour la psychanalyse, et en particulier pour Carl Gustav Jung, la psyché est naturellement religieuse, autrement dit il existe une fonction religieuse à l'origine de la formation des symboles dans la conscience. Dieu est ainsi un archétype : « Dieu est le symbole des symboles! » explique Jung dans Psychologie et religion.


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