• Quid des origines du christianisme ?


    Etre objectif, quand il s'agit de se prononcer sur la réalité historique des personnages mentionnés dans la Bible, consiste à examiner des documents et à interroger des spécialistes qui, parce qu’ils ne sont pas tous d’accord entre eux, laissent planer le doute sur la véracité des événements étudiés lorsque les documents historiques (qu’ils soient de nature archéologiques, épigraphiques ou littéraires) manquent pour attester leur existence.

    Et c’est là précisément que le bât blesse. Que sait-on, en effet, en dehors des textes sacrés consignés dans la Bible, ou en dehors des travaux des exégètes, de l’existence réelle (ou historique) d’Adam et Eve, de Noé, d’Abraham, d’Isaac, de Jacob, de Joseph, de Moïse, de Josué, de David, de Salomon, et plus tard de Jésus et des douze apôtres ?

    A-t-on retrouvé, à cet égard, des preuves, dans les annales des rois ou des peuples habitant les régions concernées, qu’Abraham a bel et bien vécu en Mésopotamie au début de sa vie, ou en Egypte à un âge plus avancé ; ou que Joseph a été vizir, en Egypte, de tel ou tel pharaon ; ou que Moïse a fait sortir d’Egypte plus d’un demi million de personnes afin de les emmener vers une Terre Promise qui ne deviendra telle qu’après quarante ans passés dans le désert ; ou que David créa un royaume qui, sous Salomon, est censé avoir relié l’Egypte à la Mésopotamie ; ou enfin que Jésus, avant d’avoir trois ans, s’est réfugié en Egypte avec ses parents pour échapper au meurtre voulu par un Hérode qui a décidé de faire tuer tous les enfants de cet âge sous prétexte que le futur roi des Juifs était l’un d’eux ?

    Sur tous ces sujets, et malgré l’espoir qu’a suscité auprès des gens d’Eglise une archéologie biblique qui doit beaucoup, au départ, au Père Lagrange, on n’a rien retrouvé. Et ce ne sont pas Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman qui diront le contraire, eux qui, dans la Bible dévoilée, montrent que les documents exhumés par les archéologues ne cadrent absolument pas avec ce qu’on lit dans la Bible.

    Bref, aussi longtemps qu’on n’a, comme source historique, que les textes bibliques, on en est réduit à faire des conjectures à propos de l’historicité des personnages mentionnés dans l’Ancien Testament de la Bible (du moins si l’on considère les livres du Pentateuque).

    Quant à ceux mentionnés dans le Nouveau, on n’est guère plus avancé à leur sujet. Certes, on peut toujours alléguer que Jésus a effectivement existé en lisant tel morceau des œuvres de Flavius Josèphe, de Suétone, de Tacite, de Pline le Jeune, ou de Lucien de Samosate. Tous, à l’exception de Josèphe, font allusion à un Christos qui est le dieu Christos.

    Quant à Josèphe, certains démontrent aujourd’hui que le passage de son œuvre où il cite l’homme Jésus (un homme qui, vu sa sagesse, n’est déjà plus un homme, à en croire le texte même de Josèphe) a été rajouté après coup.

    Voici un extrait du texte concerné (cf. Le Testimonium Flavianum, Antiquités juives, XVIII, 63-64) :

      "Vers ces temps-là un homme sage est né, s'il faut l'appeler un homme. Il accomplissait notamment des actes étonnants et est devenu un maître pour des gens qui acceptaient la vérité avec enthousiasme. Et il est parvenu à convaincre beaucoup de juifs et de grecs. Le Christ c'était lui."

    Pour en revenir à l’historicité des personnages mentionnés dans la Bible, imaginons un instant qu’on retrouve des tas de documents (par exemple en Egypte, en Syrie ou en Irak (qui correspond, en gros, à l’ancienne Mésopotamie) démontrant que ces personnages ont effectivement existé en tant qu’hommes, ou, ce qui revient au même, qu’ils ont été des créatures historiques.

    Ils perdraient alors, dans l’esprit de ceux-là même qui lisent les textes sacrés, l’aura ou le caractère divin qu’ils ont acquis au fil des ans.

    Et ce qui vaut pour les personnages de l’Ancien Testament vaut également pour ceux du Nouveau.

    Certes, mis à part les athées ou les sceptiques, personne aujourd’hui ne conteste l’existence de Jésus. Cela est d’autant plus vrai que le christianisme, dont Jésus est le Verbe ou le Logos, est aujourd’hui une réalité qui pèse très lourd grâce à la présence de 1,5 milliards de chrétiens sur terre.

    Quant à savoir si Jésus a effectivement existé, c’est là une autre affaire.

    Ceci dit, quels que soient les arguments présentés par ceux qui le prétendent et ceux qui prétendent le contraire, la question est de savoir de quel Jésus l’on parle et quels sont les preuves de son existence.

    Supposons un instant qu’on tienne les Evangiles pour des documents historiques : on peut alors en conclure que Jésus a effectivement existé. Dans le cas contraire, il s’agit d’examiner les autres documents, et notamment ceux des historiens de l’antiquité qui prétendent que Jésus (appelé Christos, ou Christus) a réellement existé.

    Mais là est le fond de toute l’affaire : de quel Jésus parle-t-on dans les Evangiles, et, au-delà, de quel Jésus parlent ceux qui, parmi les premiers Chrétiens, adoraient un personnage du nom de Christos ou de Christus ?

    Si ce Jésus-là est un être paulinien, c’est-à-dire une créature immédiatement divine, il est évident que le Jésus historique se distingue de lui.

    A partir de là, la question est de savoir si le personnage en chair et en os a effectivement existé ou non.

    Supposons un instant qu’il ait existé et qu’il ait accompli, de son vivant, les miracles que lui prêtent les Evangiles.

    En ce cas, le Jésus historique se confond, une fois crucifié puis ressuscité, avec le Jésus divin auquel Paul fait allusion dans ses épîtres.

    Maintenant, supposons que le Jésus historique n’ait été qu’un simple mortel et que celui-ci ait été divinisé après sa mort par ses sectateurs et/ou leurs héritiers.

    Ce Jésus-là n’a alors rien à voir, au départ, avec l’être divin que Dieu aurait envoyé sur terre pour sauver les hommes de leurs péchés. Etant devenu divin par la grâce même des Chrétiens qui se réclament de lui (selon un processus appelé évhémérisme), il est supposé, dans leur esprit, avoir accompli les miracles que lui prêtent les Evangiles, et notamment celui qui consiste, après avoir guéri des malades et donné sa vie sur la Croix afin de sauver les hommes, à ressusciter afin de montrer à ces mêmes hommes qu’il est bel et bien le Fils du Père, c’est-à-dire un personnage divin.

    En effet, si vous interrogez le milliard et demi de chrétiens qui se réclament aujourd’hui du Christ, chacun vous répondra que Jésus est un homme (ou un homme dieu) qui a donné sa vie sur la Croix pour sauver les hommes, et que, parce qu’il était divin, il a ressuscité.

    Et si les personnes interrogées sont au contraire athées, elles vous répondront que Jésus ne fut qu’un simple mortel qui, comme tel, fut incapable de produire des miracles, dont celui de ressusciter.

    Qui a raison et qui a tort dans ce dossier ?

    Dans la mesure où la foi interfère ici avec la raison, on peut en déduire que les chrétiens, précisément parce qu’ils sont cela, n'ont pas besoin qu’on leur démontre par a+b l’existence de Jésus, et ce pour la simple et bonne raison que la Bible est la Parole Divine et que, par ce motif, elle n’a pas besoin de se démontrer.

    En revanche, si l’on s’appuie sur la seule raison, ou la seule logique, ou le seul logos, on est en droit d’attendre des historiens ou des archéologues qu’ils nous démontrent, documents à l’appui, que Jésus a bel et bien existé en tant qu’homme. Sinon, si ces témoignages font défaut, on peut en déduire que les Evangiles, au lieu de décrire les aventures de l’homme Jésus, décrivent celles d’un homme dieu appelé Christos (ou Christ), lui-même étant un héros ou un dieu plutôt qu’un homme (même si cet homme-là, à supposer qu’il ait effectivement existé, est considéré comme une créature immédiatement divine par les docteurs actuels de l’Eglise chrétienne).

    En d’autres termes, si l’on présuppose qu’un être humain appelé Jésus a effectivement vécu en Palestine sous tel ou tel empereur romain (Tibère, Auguste, etc.), rien n’empêche de considérer que le personnage des Evangiles se distingue de lui en cela qu’il a ressuscité des morts, chose qu’un simple mortel est incapable de faire.

    Mais là est l’objection fondamentale qu’on peut faire aux théologiens et à tous les docteurs du christianisme : dans la mesure ou le Jésus paulinien, ou, ce qui revient au même, le sauveur (ou futur sauveur) se rencontre également dans les autres textes sacrés de l’antiquité (que celui-ci s’appelle Zeus Soter, Dumuzi, Tammouz, Osiris ou Horus, Dionysos, Adonai, Attis, Quetzalcoatl, ou tout ce qu’on voudra), il appartient à un récit qui, au lieu d’être unique, se rencontrait dans d’autres religions et/ou mythologies à l’époque de l’antiquité (elle-même étant très très tardive lorsque ce même Sauveur s’appelle Quetzalcoatl).

    Ceci étant, on peut aller plus loin et considérer que les personnages tels qu’ils apparaissent dans la Bible et les autres textes sacrés (ou profanes) de l’Antiquité (songeons au Rig Veda, au Mahâbhârata, au Râmâyana, à l’Avesta, ou encore à l’Iliade et l’Odyssée d’Homère), tous ces personnages ont été au départ des dieux héros de la végétation, lesquels deviendront des planètes ou des constellations lorsque la religion elle-même deviendra sabéenne.

    Ceci dit, quand on parle de religion, et, au-delà, de l’existence ou non du Jésus historique, le problème ne situe pas tant dans le mot religion que dans le mot histoire.

    En effet, nous, gens du monde moderne, pensons différemment l’Histoire que nos ancêtres (qui sont, dans le cas qui nous occupe, les premiers chrétiens, et, si l’on remonte plus haut dans l’Histoire, des peuples païens qui croyaient en d’autres dieux que l’Eternel et son envoyé sur terre qu’est Jésus-Christ).

    Pour eux, en effet, le Messie (qu’il s’appelle Hoshua, ou Yeoshuha, ou Jésus, ou le Oint, ou Quetzalcoatl - on est ici dans la mythologie aztèque) était censé revenir auprès des hommes (que ce soit pour les réconforter ou au contraire pour les châtier) après les avoir quittés pour un pays inconnu. Eux-mêmes attendaient son retour car il avait promis qu’il reviendrait parmi eux.

    Et c’est là qu’intervient l’idéologie. En effet, comme le savent tous les spécialistes du monde antique s’occupant de religion, ce retour de l’être providentiel se réfère au départ à une religion naturaliste qui voyait dans le dieu de la végétation la créature providentielle capable de faire revenir la vie et la végétation sur terre après les longs mois d’hiver.

    Et parce que la religion va devenir sabéenne avec le temps, ce personnage providentiel va progressivement être identifié au soleil ou à tel autre élément de la nature (songeons au dieu de l’orage capable de faire tomber la pluie après une longue période de sécheresse), et, au-delà, à telle planète ou constellation.

    Supposons, à partir de là, que le Jésus historique ait effectivement existé. Celui qu’on lit dans les Evangiles est alors sa doublure supra mondaine (une doublure qui ressemblait à un dieu de la végétation quand la religion des hommes était naturaliste – c’est là la thèse de John Allegro dans son livre Le champignon sacré et la croix - , et qui ressemble désormais à telle figure astrale, ce qui présuppose que la religion des hommes est devenue sabéenne après avoir été naturaliste).

    Et c’est précisément sur ce terrain-là que doit porter le débat quand on parle de Jésus.

    Tout cela pour dire qu’il ne faut pas confondre l’homme Jésus, simple mortel qui sera divinisé après sa mort, sous le nom de Christos, ou de Christus, par ses sectateurs, avec le héros (ou dieu héros) auquel le premier s’identifiait sous l’antiquité (un héros qui était lui-même un dieu dans les religions naturaliste et sabéenne).

    Maintenant, imaginons que le Jésus des Evangiles était immédiatement divin. En ce cas, au lieu d’être un homme au sens strict, il est, sous la forme d’une constellation, une créature céleste qui ressemble effectivement à un homme.

    Mais là est la différence entre l’homme et la constellation : tandis que le premier habite, comme tous les humains qui se respectent, sur la planète Terre, la seconde, elle, habite au départ tout en haut du planisphère céleste, endroit qu’elle quitte pour se rapprocher effectivement de la Terre lorsqu’elle se manifeste à l’extrémité sud de l’hémisphère sud (un hémisphère sud qui renvoie ici au planisphère céleste).

    Bref, dans la mesure ou ce Jésus-là appartient à la religion sabéenne, il est lui-même une constellation. Quant à la religion elle-même, elle renvoie à un culte des astres qui, après avoir eu son heure de gloire sous l’antiquité (une antiquité très tardive s’agissant de Sabiens dont le nom apparaît pour la première fois dans le Coran), tomba dans les oubliettes de l’histoire lorsque le monothéisme devint la religion des hommes.

    Ceci dit, il ne faut pas, en ces matières, confondre deux choses qui ne se confondent pas. Il ne faut pas confondre une religion qui, après avoir été sabéenne, est devenue monothéiste, avec une religion qui, bien qu’elle soit restée sabéenne, met en scène des personnages dont certains adorent un dieu unique qui n’est rien d’autre, sous le nom d’Elohim ou de Yahvé Sabaoth, que le dieu du Temps et du Zodiaque (et aussi, par voie de conséquence, le chef de l’armée des astres), tandis que d’autres adorent des idoles au lieu d’adorer le dieu unique (songeons par exemple à Terah, le père d’Abraham, ou à ceux des Hébreux/Ibris qui adorent le Veau d’or au pied de la montagne du Sinaï pendant que Moïse est monté sur la Montagne chercher les Tables de la Loi).

    C’est ainsi que, cartes célestes à l’appui (on est là dans l’astronomie), on peut démontrer qu’Abraham et Moïse incarnent tous les deux le Centaure, lui qui vénère un dieu unique (qui est l’occurrence le maître du Temps et du Zodiaque) comparé à une troupe divine qui, par le biais de certains de ses membres (qui sont ici des constellations), adorent des idoles qui ne sont rien d’autre, dans la religion sabéenne, que les étoiles associées à la constellation du Dragon.

    Tout cela pour dire que les Anciens avaient du divin une autre conception que nous les Modernes. Et c’est là que les théologiens et les historiens de l’époque moderne se trompent : au lieu d’étudier la Bible comme un livre qui est au départ un livre païen (plus exactement sabéen), ils le lisent comme un Livre qui au contraire nie le paganisme de nos ancêtres en mettant l’accent sur la nécessité de croire en l’existence du Dieu unique et créateur de l’univers. Ces gens-là ne comprennent pas que ce dieu unique est, dans la religion sabéenne, le Maître du Temps et du Zodiaque, un Zodiaque qui, sous l’autre nom de planisphère céleste, a pour acteurs des planètes et des étoiles.


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