• quelques rites funéraires

    Dans toutes les religions, les rites funéraires possèdent la même finalité: accompagner le défunt du mieux possible vers sa nouvelle demeure. Souvent, ils sont aussi un moyen pour les proches de se rassurer face à leur propre mort.
    En s’intéressant aux religions juives, bouddhistes, musulma-nes, orthodoxes et hindoues, il est intéressant de constater le soin qu’apportent les différents mouvements au corps du défunt. Tout est ensuite entrepris pour assurer les meilleures conditions de départ de la personne décédée vers sa nouvelle destinée: évocation de mérites, prières, formules et gestes rituels… Dans un dernier temps, pour prouver que la vie continue malgré cette mort, une collation ou un moment d’amitié réunit les proches présents lors du dernier adieu.

    Judaïsme
    Dans la tradition juive, la mort peut être considérée comme le début de la vie. En effet, selon leurs croyances, si le corps retourne à la poussière, l’âme se dirige vers son Créateur. L’au-delà est donc le lieu de la résurrection des corps. Celle-ci doit intervenir le jour où le messie promis arrivera.
    Les proches accompagnent les mourants à l’aide de psaumes et de prières. Une fois décédée, la personne est lavée en signe de purification, puis veillée. Une bougie est dès lors allumée et placée à proximité de la tête, afin d’évoquer l’immortalité de l’âme. Le défunt est ensuite enveloppé dans un linceul – souvent son châle de prière – puis enterré dans un cimetière normalement réservé à la communauté juive.
    Après une oraison funèbre célébrée par le rabbin, la famille et les proches se retrouvent pour prendre un repas léger. Le partage de nourriture est un signe pour attester que la vie continue. Pour la famille débute alors une semaine sans la moindre activité, suivie d’un mois sans réjouissances. Une année après la mort, une nouvelle cérémonie est organisée au cimetière et, à ce moment, une pierre avec une inscription en hébreu est déposée sur la tombe.

    Bouddhisme
    Dans la philosophie bouddhiste, lorsqu’un être humain meurt, l’âme de celui-ci se réincarne en fonction du karma produit par les actes et les pensées du défunt. Cette réincarnation peut donc être heureuse (parmi les humains ou les dieux) ou malheureuse (dans les enfers, parmi les esprits affamés ou les animaux). La mort souhaitée est cependant la libération sans retour, au nirvana.
    Dès l’agonie de la personne, tout est fait pour lui assurer la sérénité. Son corps est placé sur le côté droit, par analogie avec la position du «lion couché» adoptée par Bouddha lorsqu’il expira. Des moines récitent des mantras et des bénédictions pendant les jours qui suivent le décès. Ces paroles doivent éviter une renaissance défavorable pendant le processus de dissolution de la conscience.
    Trois jours après le décès intervient la crémation. Elle est accompagnée d’un rituel de purification et d’offrandes. Au Tibet, une prière (le Bardo Thödol) est récité pendant les quarante-neuf jours qui suivent le décès pour guider la conscience durant l’état intermédiaire entre mort et renaissance.

    Islam
    Dans la religion musulmane, la mort n’est pas conçue en tant que fin définitive, mais au con-traire en tant qu’accès à un autre monde. La mort n’est donc pas redoutée, mais envisagée de manière naturelle, comme une étape nécessaire à la destinée de l’être humain. A la suite d’un décès, tout enterrement doit être réalisé dans les plus brefs délais. En pays musulman, une personne qui meurt avant midi est mise en terre le même jour.
    Avant cela, la toilette est l’élément le plus important des rites funéraires en Islam. Quelques minutes après le décès, une pré-toilette est pratiquée par le plus intime du défunt. Une deuxième toilette est ensuite effectuée. Dans un cercueil très simple, le corps est ensuite mis en bière sur le côté pour faire face à La Mecque. Si cela est possible, il sera enterré dans un «carré musulman», mais ceux-ci sont très rares; les cimetières fribourgeois n’en comptent d’ailleurs aucun.
    Malgré tout, le deuil ne doit pas affecter la vie courante de la famille au-delà de trois jours. En revanche, la veuve doit tenir le deuil pendant quatre mois et dix jours. Le deuil de la femme turque est plus sévère. Elle doit rester endeuillée plus de douze mois, porter la tenue noire et le foulard blanc et ne consommer aucune substance excitante comme le café par exemple.

    Eglise orthodoxe
    Pour les orthodoxes, la mort est une naissance à la vie nouvelle, la rentrée dans la vie spirituelle. Traditionnellement, le corps est porté à l’église, cercueil ouvert. Pendant l’office religieux, fleurs, bougies et prières correspondent à ce qui se passe sur le plan spirituel: l’illumination et l’éclosion de l’âme dans le monde de l’esprit. Le pope répand de l’encens et verse de l’huile consacrée sur le front du défunt.
    L’enterrement a lieu trois jours après le décès, le temps que l’âme se sépare du corps. L’ascension vers Dieu se poursuit quarante jours, le temps pour l’âme de se purifier et d’accomplir l’effort de détachement du corps.
    Le paradis est vu comme un jardin. C’est un état de vie dans la présence de Dieu. L’enfer correspond à la séparation d’avec Dieu. Pour la religion orthodoxe, il existe deux sortes de mort. Elle parle d’agonie lorsque l’individu ne veut pas quitter son enveloppe charnelle. A l’inverse, la dormition concerne les mourants qui s’endorment en s’étant préparés et qui vivent la mort comme un passage.

    Hindouisme
    La base de la pensée hindoue repose sur le concept d’une loi
    divine universelle (le dharma). Celle-ci est un principe moral de causalité qui règle le processus naturel de la perpétuelle transformation de la création. La destinée de l’homme dépend du karma, le fruit des actions et des pensées. Les hindous vivent dans un système de castes et de sous-castes, au sein desquelles ils se réincarnent selon leur karma. La finalité est de sortir de ce cycle de douleurs, de misère et de mort sans fin. Cette libéralisation s’obtient par une sévère éthique, par une grande foi dans la vérité éternelle et par des techniques de réintégration spirituelle qu’enseigne le yoga.
    A la mort du défunt, le corps est baigné, puis revêtu de blanc (ou parfois de rouge pour les femmes) et couvert de fleurs. Il est ensuite porté en convoi funèbre sur un bûcher orienté vers le sud où il sera brûlé. Les cendres et les os sont pour finir déposés dans une jarre et immergés dans un fleuve sacré.
    Détachée du corps, l’âme devient un fantôme alimenté par les vœux, les prières et la nourriture offerte par les proches du défunt. Par la suite, il franchit les épreuves pour rejoindre le pays des morts. Arrivé à ce stade, il attend une nouvelle naissance ou la libération finale.


  • Commentaires

    1
    tagada
    Mercredi 5 Janvier 2011 à 16:21
    bonjour ,

    je trouve ton site tres interressant ,
    je fais un exposé sur les rites funéraires en Egypte avant JC ,
    aurais tu des informations sur le sujet ?
    pourais tu m'eclairer sur l'evolution des rites ?
    merci d'avance .
    Claire
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