• Le mythe de l'homme - conclusion (extrait) - Roger Caillois

    L'examen du monde moderne est fait pour apporter à qui s'y livre à peu près tous les dégoûts. On ne sait que trop ce qu'il en est de l'ordre économique et social, et plus généralement dans le domaine des relations humaines : rien à prolonger, tout à reprendre. Mais dans le cercle plus étroit des choses de l'esprit, la crise n'est pas moins profonde.

    Les formes avancées de la littérature et de l'art, celles là même qui s'étaient donné pour tâche la libération de l'esprit, le surréalisme pae exemple, après des années d'efforts louables, l'entraînent à présent dans des activités à demi esthétiques qui, à la longue prennent un caractère maniaque et purement rituel.

    La philosophie se donnait depuis toujours le même but : l'absence complète d'autorité et de méthode y aboutit à un extrême éparpillement des points de vue et des préoccupations, si bien que des recherches aussi anarchiques, dépareillées et incapables de concourir utilement à fonder quelque conception du monde, découragent les meilleures volontés et les plus fermes espoirs.

    La science enfin se débat dans des difficultés sans précédent qui la forcent à mettre en cause ses principes les mieux établis. C'est au point que cet esprit rationaliste qui l'a couvée la regarde maintenant avec épouvante comme une conception monstrueuse et dénaturée, mais vorace. [.....]

    Mais la description des ombres du tableau fait déjà prévoir une possibilité de lumière, car ces ombres mêmes indiquent les unes la direction, les autres les éléments d'une réforme qu'il faut espérer salutaire. [.....]


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