• Le lièvre et sa symbolique

    (Lièvre arctique)

    « J'ai vu dans la Lune
    Trois petits lapins,
    Qui mangeaient des prunes
    En buvant du vin
    Tout plein »

     

    Cette comptine que peut-être vous connaissez représente parfaitement ce que beaucoup de gens ne savent pas ou ont oublié. Le lièvre est le compagnon et l'amant de la Lune par excellence.

    Quelle que soit la culture, morte ou toujours vivante, cet animal au symbole complexe et parfois ambigu est beaucoup plus noble que la pauvre notion péjorative de prolifération qu'on lui connait.

    Le lièvre est un animal lunaire tout d'abord parce qu'il dort le jour, et est actif la nuit. Il apparaît et disparaît aussi vite que les ombres.
    Les aztèques disaient que les tâches de la lune provenaient d'un lapin qu'un dieu aurait jeté à sa face.
    Pour les mayas, la déesse lune fut sauvée par un héros lapin. En Birmanie, il est l'ancêtre de la dynastie lunaire.
    Il est autant son frère que son amant, il est son complice, son proche parent. L'un et l'autre son indissociable.

    Le lièvre est lié depuis tout temps à notre belle divinité la Terre-Mère, au symbolisme des eaux fécondantes et à la régénération de la végétation tant attendue après un hiver vigoureux. Il représente le perpétuel et immuable cycle de la vie sous toutes ses formes.

    L'Egypte donne l'apparence au lièvre à Osiris qui est dépecé et jeté dans les eaux du Nil pour assurer la régénération périodique.

    La vie se refait à travers la mort.

    Dans la Taoisme il est le préparateur de la drogue d'immortalité, on le représente au travail à l'ombre d'un figuier broyant des simples dans un mortier.

    Les forgerons chinois utilisaient son fiel pour la fonte des lames d'épées pour communiquer force et éternité à l'acier.

    Mais sous ses aspects sacrés et protecteurs, un autre moins glorieux que l'on connait, hélàs mieux, fait contrepoid et donne au lièvre une dimension de quasi mauvaise augure.

    Ainsi,on dit en Chine que la Hase conçoit en regardant la Lune et que si une femme enceinte est touchée par les rayons de Lune son enfant naitra avec un bec de lièvre.

    Sa réputation prolifique n'est plus à faire, pour les paysans aztèques ce n'est pas un dieu-lapin mais 400 lapins qui protègent les moissons, reflétant le nombre et l'abondance inépuisable dont fait preuve l'animal. Au Cambodge, l'accouplement ou la multiplication des lièvres était censé faire tomber les pluies fertilisantes qui proviennent également de la Lune étant Yin.

    Ces divinités sont souvent perçues curieusement comme les maîtres de la paresse, mais aussi de l'ivrognerie. Le lièvre porte en lui les germes de l'incontinence, de la luxure, du gaspillage et de la démesure.

    Notons que le lièvre a eu si mauvaise réputation que le Deutéronome et le Lévitique l'ont stigmatisé et interdit comme l'impur. Il devient tout simplement un tabou social et religieux. 


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