• La danse sacrée


    L’être humain est fait pour la danse. Elle fait partie de sa chair, depuis bien longtemps.

    Il n’y a aucune séparation entre le sacré et les mouvements du corps, libres ou codifiés par des traditions. Certaines religions ont même basé leur culte sur les danses initiatiques. Si certains peuples ont encore cette culture, ce n’est pas le cas des pays christianisés, qui, pour la plupart ont séparé le sacré de la danse. Dieu est devenu une affaire très sérieuse et la danse a même été totalement interdite à certaines époques !!!

    En Amérique du Nord, les peuples premiers pratiquaient des danses pour toutes sortes d’occasion. Dès qu’un événement se produisait, les émotions s’exprimaient par la danse. Naissances, morts, chasse, guerre, initiations, récoltes…bref, tout faisait suite de danse, pas tout pardon, mais plutôt les grandes étapes de la vie se dansaient.

    Les grands rassemblements de clans ou de tribus étaient l’occasion de grandes danses collectives. Mais on était franchement loin des spectacles d’aujourd’hui. Les danses servaient à communiquer avec les mondes spirituels, "d’âme à âme". Rien à voir avec le but de la danse dans notre pays par exemple…

    Mais, on peut quand même observer le phénomène des danses sacrées encore aujourd’hui en Afrique, où les populations rurales ont souvent conservé la dimension magique de la danse. Que d’émotions dans les chants et les rythmes !

    Le corps se fait instrument d’expressions collectives de la famille, du clan, de l’animal totem, de l’égrégore, de l’esprit des ancêtres... En Afrique la transe est extrêmement liée à la danse. Tout comme il est facile de bouger son corps et d’entrer dans un rythme, il est facile de laisser son esprit partir dans un autre plan, une autre vibration.

    Ces danses peuvent paraître très libres, très informelles. Il n’en est rien, elles obéissent à un ordre invisible, à une harmonie convenue. Elles parlent à l’âme et la ressourcent. En cela, elles ne sont pas très différentes des danses très codifiées d’Asie, du Moyen-Orient à Hawaii.

    L’art des derviches tourneurs est originaire des confréries soufies, gardiennes de l’ésotérisme de l’Islam.

    Bien qu’elle soit elle-même issue de traditions bien plus anciennes, la danse des derviches est en soi tout un enseignement. Elle est transmise par un maître qui connaît les pièges à déjouer pour s’approcher du cœur de l’expérience mystique. Par leur tournoiement les danseurs cherchent à s’unir au tournoiement des astres, du cosmos. Au cœur de ce mouvement perpétuel se cache une immobilité, un silence, une présence suprême.

    En Inde, la célèbre tradition du Bharata-Natyam est millénaire. D’une manière très rigoureuse, elle transmet une histoire porteuse de sens, de sagesse. Elle parle selon un langage précis qui est accessible à tous mais correctement exécutée, elle vient de l’intérieur des danseurs et non de l’extérieur. C’est ce mouvement d’âme qui donne toute sa dimension à une danse sacrée.

    Plus proche de nous, on peut trouver dans de nombreuses danses folkloriques une dimension sacrée originelle. Souvent très précise, il faut, par contre, une réelle volonté pour y retrouver les symboles, le sens caché des gestes et des pas, qui ont été totalement perdus.

    Le cas de la Paneurythmie est en cela très intéressant. Inspiré du folklore des Balkans, cet ensemble de danses reprend le rythme des saisons et contient un enseignement ésotérique riche, une philosophie et un symbolisme profonds. Créée au début du XXème siècle par Peter Deunov, la Paneurythmie est agrémentée de très nombreux commentaires qui détaillent le sens de chaque mouvement, la raison de chaque pas et les idées qu’elle condense. En gros c’est tout un enseignement. Là encore, il faut entrer dans une structure pour en faire toute l’expérience.

    Rudolf Steiner a lui aussi exploré le monde de la danse, et l’Eurythmie, dont il a défini le cadre, a inspiré un très grand nombre de danseurs dans le monde. Ce sont un peu les héros modernes de la danse sacrée, ils ont redonné une dimension spirituelle à la danse.

    Il n’est pas nécessaire d’avoir un public pour ressentir les bienfaits d’une danse sacrée libre. Il est par contre indispensable que l’intention soit claire dès le départ. Il est même préférable qu’une période d’immobilité et d’introspection silencieuse prépare un moment de danse sacrée. Ainsi les énergies de l’âme peuvent plus facilement reconnecter le corps pour l’animer et l’inspirer.

    Durant des siècles, la religion nous a enseigné les dangers de la joie et du laisser-aller émotionnel. La danse est ainsi sortie de nos vies. En occident, nous ne connaissons plus que les ballets ou encore le déhanchement des boîtes de nuit… 8) A nous d’explorer d’autres voies, d’autres façons d’être et de communiquer avec notre âme.


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