• A la bonne heure !
    C’est-ce vieux Job que je veux dire.
    Bravo il s’est en fin trouvé quelqu’un à la fin
    Pour dire carrément son fait au Tout puissant :
    Regarde moi dit-il et ne fait pas semblant
    De ne pas me voir. Alors ?
    C’est comme ça qu’on se conduit
    Avec les innocents ?
    Moi Job, je ne me sens coupable de rien,
    Même s’il est vrai que j’aie pêché,
    L’importance que ça a,
    Tu aurais bien de la peine
    A me la démontrer.

    Mais à la place que tu occupes,
    C’est toi, n’est-ce pas ?
    Qui est responsable du monde,
    Quand on voit comment cela fonctionne
    (Après tout nous ne pouvons voir l’heure
    Qu’à notre montre)
    Nous donner un tel spectacle, ma parole !
    Moi à ta place j’aurais honte.

    Les prêtres ont beau parler
    De coïncidences malheureuses,
    Ca ressemble trop à un système
    Cette espèce de complicité ténébreuse.
    Plus que cela ! Pour tes ennemis
    J’appelle ça une préférence scandaleuse.
    Et encore, j’ai tord de parler de système,
    Un système j’aimerais mieux ça,
    Une ligne de conduite suivie,
    L’injustice jusqu’à la gauche
    Et à tour de bras !
    Pas du tout !

    On ne sait pourquoi tout à coup,
    De nouveau il arrive que tu es notre père.
    Et comment est-ce que tu t’y es pris
    Pour t’arranger de nouveau ainsi
    Avec ce monstre en nous
    Qui sanglote et qui espère ?
    La justice m’est devenue de faible prix
    Au prix de cette injustice que tu m’accordes.
    Qu’est-ce que c’est de ta part,
    Sans rime ni raison,
    Que cette explosion imbécile de miséricorde ?
    Allons ! Le moment est venu,
    Rends tes comptes,
    Tâche moyen un petit peu
    De nous expliquer cette espèce de monde
    Que tu as fait.

    Et le Seigneur, il baisse la tête, répond :
    Pardon Job,
    Je ne l’ai pas fait exprès.


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  • Mon petit garçon avec ses yeux pensifs
    Ses gestes et ses mots tranquilles de grande personne
    M’a désobéi pour la septième fois,
    Et je l’ai frappé, je l’ai renvoyé
    Durement sans l’embrasser,
    Car sa mère qui était patiente est morte.
    Puis j’ai eu peur que le chagrin l’empêche de dormir
    Et j’ai été le voir dans son lit,
    Il était dans un profond sommeil
    Paupières battues et cils encore mouillés
    De son dernier sanglot.
    Alors, ému, je l’ai embrassé
    Et mes larmes remplaçaient les siennes
    Car sur une table tirée à son chevet,
    Il avait mis à portée de sa main
    Une boîte de jetons et une pierre veinée de rouge,
    Un bout de verre usé par la plage
    Et six ou sept coquillages,
    Une bouteille avec des campanules
    Et deux sous français, le tout rangé avec soin
    Pour consoler son pauvre cœur.
    Et ce soir là, dans ma prière,
    J’ai pleuré, j’ai dit à Dieu :
    Ah, quand à la fin nous serons couchés sans un souffle
    Et que, morts, nous ne te blesserons plus,
    Tu te rappellera de quelles babioles
    Nous avons fait nos joies
    Et comme nous avons peu compris
    Ta grande loi de bonté.
    Alors tu ne seras pas moins père
    Que moi dont tu as pétri l’argile,
    Tu laisseras ta colère, tu diras :
    Voyons, ce sont des enfants !


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  • Ecoutez la chanson bien douce
    Qui ne pleure que pour vous plaire
    Elle est discrète, elle est légère :
    Un frisson d’eau sur de la mousse !

    La voix vous fut connue et chère
    Mais à présent elle est voilée
    Comme une veuve désolée
    Pourtant comme elle encore fière,

    Et dans les longs plis de son voile
    Qui palpite aux brises d’automne,
    Cache et montre au cœur qui s’étonne
    La vérité comme une étoile.

    Elle dit, la voix reconnue,
    Que la bonté c’est notre vie,
    Que de la haine et de l’envie
    Rien ne reste la mort venue.

    Elle parle aussi de gloire
    D’être simple sans plus attendre
    Et de noces d’or, et du tendre
    Bonheur d’une paix sans victoire.

    Elle est en peine et de passage
    L’âme qui souffre sans colère,
    Et comme sa morale est claire !

    Ecoutez la chanson bien sage.


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  • Et les hommes mûrs parlent aux fruits verts
    Qui dans l’arbre tant bien que mal
    Se balancent aux agrès du vent.

    Allons, ne nous faites pas mal au cœur
    Ne jouez pas avec la portière
    Ne jouez pas avec le feu
    Ne laissez pas les robinets ouverts
    Ne prenez pas la fille de l’air
    Ne mettez pas les doigts dans le nez
    Des personnes qui vous ont été présentées.

    Allons, allons,
    N’inventez plus de ces folles histoires
    Sans queue ni tête ni rien d’utile ou de sérieux,
    Allons, allons,
    Rassurez-vous
    Ne vous affolez plus, soyez logiques un peu
    Epargnez-nous…
    Et cessez de nous poser
    Perverse ingénuité
    Vos terribles questions qui nous dévorent les yeux.
    Fermez les cruelles fenêtres
    De vos regards d’eau et de feu,

    C’est marqué là-haut dans le ciel
    On ne pose pas de questions à son Père éternel.


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  • Le monde est en repos, dit-on,
    Les princes sont en paix, peut-être.
    Entre la nue basse et l’horizon convexe
    S’éloigne une gloire exténuée
    De lumière inaccessible. Le monde
    A travers fastes et largesses demeure
    Etabli dans l’exil.

    Il faut rentrer, l’haleine de la nuit
    Descend sur nos visages aveugles.
    L’âme écoute approcher tes pas ;
    Entre chez nous Seigneur,
    Il se fait tard.


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