• Les Romains et les Grecs connaissaient bien des arbres de notre entourage. À la plupart, ils vouaient un culte qu'ils justifiaient en leur attribuant une incarnation divine :

    Aubépine - dédiée à Maïa, mère d'Hermès, fêtée en Mai (de "Maïa").

    Aulne arbre des Morts - (dieu Cronos).

    Bouleau - les verges de bouleau ont été utilisées pour la flagellation et la " purification " des condamnés ; elles entouraient la hache symbolique des licteurs romains.

    Cerisier - son nom vient de Cerasus, ville d'Asie mineure.

    Châtaignier - la châtaigne était le "gland de Zeus".

    Chêne - arbre de Zeus-Jupiter, dieu du tonnerre. Couronnes de chêne pour les guerriers valeureux.

    Cognassier - son nom vient de La Canée (ville de Grèce). Son fruit est astringent.

    Cyprès - un chasseur nommé Cyparisse, ami d'Apollon, tua sa biche par erreur. De chagrin, il se métamorphosa en cyprès : dés lors, les cyprès veillent sur les morts. Ils sont consacrés à Hadès, dieu des morts. De leur bois, on faisait les cercueils des guerriers morts pour la Patrie. Le bois de cyprès, imputrescible, est utilisé en charpente de temples. La flèche d'Éros était aussi en cyprès. La tradition recommandait de planter un cyprès à la naissance d'une fille. À son mariage, l'arbre est abattu et exploité.

    Épicéa - dédié à Artémis, déesse de la Lune et de la vie sauvage, protectrice des femmes qu'elle assiste aux accouchements : l'épicéa est l'arbre de la naissance (tradition reprise avec l'arbre de Noël).

    Érable - dédié à Phobos, dieu de l'Épouvante.

    Figuier - arbre de Dyonisos, Priape, dieu de la fécondité.

    Frêne - arbre de Poséidon, dieu de la mer et des séismes.

    Houx - arbre de la Vie, parce qu'il mûrit en hiver, mais ses baies sont très toxiques (elles contiennent de la théobromine).

    Laurier - arbre d'Apollon. Le demi-dieu s'éprend de la nymphe Daphné, qui lui échappe en se transformant en laurier. Le nom grec du laurier est daphne. Aux Jeux pythiques, à Delphes (en souvenir du serpent Python qu'Apollon terrassa), les vainqueurs recevaient une couronne de laurier.

    Myrte - arbre d'Aphrodite. Ses baies sont appréciées par les buveurs qui leur attribuent le pouvoir de retarder l'ivresse. Les Grecs craignaient que l'ivresse ne rendit fou à vie.

    Olivier - arbre d'Athéna (qui remporta le concours sur Poséidon en offrant cet arbre à la ville d'Athènes) et symbole de chasteté. Héraclès en a planté à Olympie et utilisait une massue en olivier. Aux Jeux olympiques (à Olympie, donc), on décernait des couronne de branches d'olivier à défaut de médailles.

    Orme - arbre d'Oneiros, dieu des songes et de la nuit, fils d'Hypnos, dieu du sommeil, lui-même frère de Thanatos, le trépas. Dédié également à Hermès. Les fruits ailés accompagnaient les âmes des défunts devant le juge suprême.

    Pin - arbre de Poséidon (il pousse en bord de mer). La nymphe Pithys, convoitée par Pan, lui échappa en se métamorphosant en Pin noir. Aux Jeux isthmiques (Corinthe), les vainqueurs reçoivent une couronne de pin. Son bois sert aux bateaux de commerce. De la résine, on extrait soit le calfat pour étanche les coques de bateaux, soit un additif qui conserve les vins tout en les aromatisant.

    Peuplier blanc - la nymphe Leuké, convoitée par Hadès, lui échappa en se métamorphosant en Peuplier blanc qui est devenu l'arbre de la résurrection.

    Platane - symbole de la régénération (l'écorce se régénère, par plaques, comme la peau du serpent). Il servit à construire le cheval de Troie.

    Pomme arbre solaire (forme du fruit) ; fruit de l'immortalité ; Pomone est la déesse des fruits. Héraclès chercha des pommes au Jardin des Hespérides.

    Saule - arbre dédié à Hécate, gardienne des Enfers.

    Sureau - ses baies sont une nourriture des dieux.

    Tilleul - la nymphe Philyie conçut du père de Zeus un enfant monstrueux, et, de honte, se métamorphosa en tilleul.

    Des mythes similaires existent chez tous les peuples, Celtes, Germains, etc. Le chêne que les Romains associaient à Jupiter, dieu du tonnerre, était également assimilé au dieu de la foudre, Donar, chez les Germains. Pour les Germains et les Scandinaves, le frêne est l'arbre fondateur, Yggdrasil. Il supporte la voûte céleste et prend racine dans la Sagesse.

    Les Slaves attribuent au même frêne le pouvoir de repousser les serpents : on peut se reposer à son ombre sans crainte. Certaines croyances ont perduré jusqu'à nos jours : par exemple, toucher du bois de la main droite préserve du mauvais sort.

    Les forêts, parce qu'elles abritaient des loups, et occasionnellement les marginaux, les Robin des bois ou les hors-la-loi, ont toujours fait peur. Elles hantent l'imaginaire public et hébergent les lutins et les fées des contes. Les Druides y réalisaient leurs cérémonies, et, plus proche de nous, la religion a repris cette vénération des arbres remarquables.


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  • Ask et Embla: statue dans la ville de Sölvesborg (Suède).

    Introduction


    Historiquement, chez les Européens de l'ensemble germanique (comme sans doute chez d'autres peuples), l'arbre et la forêt ont tenu une place de premier ordre. Bien évidemment pour les propriétés du bois en tant que tel, qui a permis de construire des habitations, des statuettes religieuses, des bateaux (tels les drakkar), qui a permis de se chauffer, de se chausser (sabots en bois), de chasser (arcs, lances), de réaliser des enclos (avec du bois mort ou des haies plus ou moins travaillées), etc.

    Au-delà de cet aspect utilitaire (et vital), l'importance paraît plus grande encore. Par exemple, dans le Hainaut français (lieu de colonisation germanique avec les Saxons puis les Francs saliens et ripuaires), la toponymie est explicite: le Quesnoy (la chênaie), le Quesnes-au-leu (le chêne au loup en patois), Fresnoy-le-grand (la frênaie), Frasnoy, Aulnoye (aulnaie), Tilloy les Marchiennes (tilleul), sans parler des Preux-au-bois, Vendegies-au-bois, Raucourt-au-bois et de nombreux autres villages qui témoignent de l'importance accordée aux forêts. A ce sujet notons que pour cet article les termes « bois » et « forêt » seront considérés comme synonymes, bien que l'époque moderne considère que le terme « forêt » s'applique aux bois exploités par l'homme (d'où des redondance apparentes dans certains noms comme la « forêt domaniale de bois-l'évêque »).

    L'importance de la forêt chez les peuples germaniques s'exprime aussi dans la stratégie militaire: Arminius vainquit les Romains (habitué aux formations en lieux découverts) en les entraînant dans une forêt.

    I) L'arbre, objet de culte

    Les anciens chrétiens ne s'y sont pas trompés, tel « Saint » Boniface qui abattit en 723 un chêne légendaire (arbre sacré des Frisons consacré à Donar/Thorr) pour prouver aux païens que ce culte sylvestre n'était qu'idolâtrie. Il est dit que les païens présents s'attendaient à voir la foudre s'abattre lors de l'abattage de l'arbre; mais Donar ne s'étant pas manifesté, il se seraient alors convertis. Ce récit a sans doute été enjolivé par l'église; pour ma part j'y vois l'aveuglement fanatique d'un « saint » incapable de percevoir le sacré dans la Nature et n'ayant pas réussit (ni même sans doute essayé) d'établir un lien avec un être vivant que l'on peut supposer plus que millénaire. Il en va de même lorsque Charlemagne, sans doute pour des raisons politiques, abattit l'Irminsul des Saxons en 772.

    Cela n'a pas empêché de nombreuses traditions de type religieux de s'organiser autour de l'arbre à travers les âges. Ainsi il y a quelques années, à la Pentecôte, lors de la traditionnelle troménie de Landeleau (Finistère), une procession dédiée à saint Télo, l'évêque de Quimper s'était fâché d'assister à une scène surprenante. «Arracher des bouts d'écorce du chêne de Saint-Télo en guise de talisman, c'est une pratique païenne que condamne l'Église», avait déclaré le prélat fraîchement nommé dans la région. L'écorce était considérée comme un porte-bonheur.

    Nous pouvons aussi mentionner le tilleul aux épousailles de Lucheux (nord de la Picardie), dans lequel doivent passer les couple fraîchement mariés. Ou encore ces arbres des Flandres françaises couverts de loques appartenant à un malade, afin de lui apporter guérison...
    Nous pourrions multiplier les exemples à volonté. Juste pour l'amusement, voyons comme l'église justifie cela... Sur le chêne de Bonnoeuvre (Loire-Atlantique), les loques sont remplacées par des clous que les pèlerins plantent dans le tronc après en avoir fait sept fois le tour. «Le clou qui a touché la partie malade d'une personne est planté dans le tronc pour lui transférer le mal», explique James Eveillard, coauteur d'un ouvrage sur les croyances populaires en France. Voici la réaction du prêtre, Clarisse: «Ce clou est un symbole, assez révélateur du mélange des croyances dans les rites populaires, car il fait probablement référence aux clous du Christ sur la Croix». Eh oui, l'église arrive même à récupérer des « rituels » n'ayant rien de chrétien !

    Tacite, dans son ouvrage De origine et situ Germanorum écrit en 98, fait-il part de rites liés aux arbres ou à la forêt? Eh bien oui! Lisons la fin du chapitre IX:
    « D'autre part, conscients de la majesté des dieux, les Germains ne conçoivent pas de les emprisonner dans des murs ni de les représenter à l'image de l'homme. Ils leur consacrent des bois et des bosquets et donnent des noms de divinités à ce mystère, que seul leur sens religieux leur fait voir. »
    Poursuivons avec le chapitre suivant: « Ils manifestent le plus grand respect envers les auspices et les oracles. Voici leur procédé oraculaire, tout simple d'ailleurs. On coupe une petite branche d'un arbre fruitier, on la dépouille de ses rejetons, que certains signes permettront de reconnaître, et on les éparpille au hasard sur un tissu blanc. »
    Dans la description du culte de Nerthus, toujours une référence à un bois sacré: « Dans une île de l'Océan est un bois consacré, et, dans ce bois, un char couvert, dédié à la déesse. Le prêtre seul a le droit d'y toucher ; il connaît le moment où la déesse est présente dans ce sanctuaire ; elle part traînée par des génisses, et il la suit avec une profonde vénération. Ce sont alors des jours d'allégresse ; c'est une fête pour tous les lieux qu'elle daigne visiter et honorer de sa présence. »

    Voilà donc quelques exemples de l'aspect religieux liés à l'arbres dans l'histoire et les histoires. Mais pourquoi cet aspect religieux? En quoi l'arbre est-il considéré comme sacré dans nos légendes?

    II) Yggdrasil et Irminsul

    Yggdrasil est dans la religion germano-nordique le pilier, le soutien de l'univers. Considéré comme un Frêne (arbre très vivace) ou un If (feuillage persistant ; contient une toxine alcaloïde qui affecte le système nerveux central et qui, correctement préparé, peut être hallucinogène, de même que si l'on repose sous un if un jour de forte chaleur), la rune Eihwaz peut lui être associée: c'est l'axe vertical du monde, symbole de vie et de mort, garant de l'équilibre. La rune est un vecteur de communication, et non de séparation ; tout comme Yggdrasil qui relie l'ensemble des mondes de l'univers, qui en est la colonne vertébrale.

    Yggdrasil, c'est aussi l'arbre éternel, invincible, qui survivra au Ragnarök, même s'il « se mettra à trembler ». Bien que ses racines soient rongées par Nídhögg et son feuillage brouté par un cerf et une chèvre, il reste toujours aussi résistant. A propos de cet aspect d'éternité, nous pouvons aussi mentionner un autre arbre de nos légendes qui a son importance (et non des moindres): le pommier. En effet, la déesse Idunn (nom signifiant probablement « celle qui rajeunit ») est la détentrice des pommes qui permettent aux dieux de conserver leur jeunesse jusqu'au Ragnarök. Le vol des pommes à cause de Loki qui l'a entraînée dans une forêt est un épisode célèbre de la mythologie germano-scandinave.

    Yggdrasil c'est aussi la source du savoir. Tout d'abord parce qu'à son pied se trouve la fontaine de Mimir, source de sagesse et d'intelligence à laquelle Odin vint boire. Pour ce faire, il dut donner en gage l'un de ses yeux. Odin ira consulter la source lors du déclenchement du Ragnarök.

    Ensuite par le fait que la pendaison d'Odin durant neuf nuits et neufs jours se fit sur cet arbre; c'est lors de cette pendaison qu'Odin ramassa les runes en hurlant et acquis un savoir extraordinaire.
    Cet arbre qui est « le plus grand et le meilleur de tous les arbres » (quinzième chapitre de la Gylfaginning) a donc indirectement un rôle de dispensateur du savoir à qui consent des sacrifices.

    Il convient enfin de nommer ici un autre arbre majeur chez certains peuples germaniques: Irminsul. Son étymologie signifie « grand, majestueux, puissant, immense, « qui englobe le tout » ». Là encore il s'agissait de l'arbre colonne vertébrale du multivers. On lui rapproche le rune Tyr dont le graphisme rappelle celui d'Irminsul (la voûte du ciel soutenue par la colonne universelle). Cet axis mundi permet de relier la terre au ciel ; là encore l'aspect de communication (et même de transcendance) est évident. Cet rune est à connotation spirituelle et symbolise l'ordre du monde et la justice (un petit lien: la justice se rendait souvent sous un arbre...).

    III) Ask & Embla: l'humanité en lien avec les arbres

    Au 9ème chapitre de la Gylfaginning, à la question « Mais d'où viennent les hommes qui habitent sur terre? », le Très-Haut (Odin) répond : « alors que les fils de Bor [Odin, Vili et Vé] marchaient le long du rivage de la mer, ils trouvèrent deux troncs d'arbres. Ils les relevèrent et façonnèrent deux hommes : le premier leur donna le souffle et la vie, le second l'intelligence et le mouvement, le troisième l'apparence, la parole, l'ouïe et la vue. Il leur donnèrent aussi des vêtements et des noms : l'homme fut appelé Ask et la femme Embla. Ce fut d'eux que naquit la race humaine, laquelle fut établie sur des terres protégées par Midgard. ».
    Boyer donne une traduction légèrement différente de celle de Dillmann : « ils trouvèrent deux souches d'arbres et les prirent et en façonnèrent des êtres humains ».
    Celane change pas fondamentalement la signification: c'est à partir d'arbres que les humains prirent forme et vie. Ce fait à lui seul prouve l'importance majeure de ces solides végétaux qui s'enracinent dans la terre et s'élèvent vers le ciel. Le nom des deux premiers humains n'est pas anodin: Ask signifie « frêne » et Embla « Orme ». L'origine de l'humanité, pour les peuples germano-scandinaves, ce n'est pas le singe, mais l'arbre, animé par le premier des dieux.

    Qu'en est-il du Ragnarök, qui est presque la fin de l'humanité? L'arbre y joue-t-il encore un rôle? Évidemment! Reprenons l'Edda de snorri Sturlusson traduite par Dillmann: les deux derniers humains, Lif et Leif-Thrasir (« Vie » et « Vivace » selon Boyer), « se cacheront dans le bois de Hoddmimir, et de la rosée du matin ils se nourriront. Ce sont d'eux que les hommes naîtront ».

    La boucle est bouclée ! L'humanité, façonnée à partir d'arbres, trouvera son salut dans un bois (le « trésor de Mimir »).


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  • Les Muses étaient filles de Jupiter et de Mnémosyne ou Mémoire. Au même titre que les Grâces, elles ont leur place dans l'Olympe, dans les réunions, les festins, les concerts, les réjouissances des dieux. Toutes sont jeunes, également belles, quoique différentes dans leur genre de beauté. Selon Hésiode elles sont au nombre de neuf, et, sur la Terre, comme dans l'Olympe, chacune a ses attributions, sinon distinctes, du moins déterminées :

    CLIO, nom formé d'un mot grec qui signifie gloire, renommée, était la muse de l'Histoire. On la représente sous la figure d'une jeune fille couronnée de lauriers, tenant en sa main droite une trompette, et de sa main gauche un livre qui a pour titre Thucydide. A ces attributs on joint parfois le globe terrestre sur lequel elle pose, et le Temps qui se voit près d'elle, afin de montrer que l'Histoire embrasse tous les lieux et tous les temps. Ses statues tiennent quelquefois une guitare d'une main, et un plectre de l'autre, parce que Clio était aussi considérée comme l'inventrice de la guitare.

    EUTERPE (en grec, qui sait plaire) avait inventé la flûte ou suggéré son invention ; elle présidait à la Musique. C'est une jeune fille couronnée de fleurs et jouant de la flûte. Des papiers de musique, des hautbois et autres instruments sont auprès d'elle. Par ces attributs, les anciens ont voulu exprimer combien les lettres ont de charme pour ceux qui les cultivent.

    THALIE (ainsi nommée du mot grec qui signifie fleurir) présidait à la Comédie. C'est une jeune fille à l'air enjoué ; elle est couronnée de lierre, chaussée de brodequins, et tient un masque à la main. Plusieurs de ses statues ont un clairon ou porte-voix, instrument dont on se servait pour soutenir la voix des acteurs dans la comédie antique.

    MELPOMÈNE (d'un mot grec signifiant chanter) était la muse de la Tragédie. Son maintien est grave et sérieux : elle est richement vêtue, et chaussée d'un cothurne ; elle tient d'une main un sceptre et des couronnes, de l'autre un poignard ensanglanté. Parfois on lui donne pour suivantes la Terreur et la Pitié.

    TERPSICHORE (en grec, qui aime la danse) était la muse de la Danse. C'est une jeune fille, vive, enjouée, couronnée de guirlandes, et tenant une harpe au son de laquelle elle dirige en cadence tous ses pas. Des auteurs la font mère des Sirènes.

    ÉRATO (d'Éros, amour) présidait à la poésie lyrique et anacréontique. C'est une jeune nymphe vive et folâtre, couronnée de myrte et de roses. De la main gauche elle tient une lyre, et de la droite un archet ; près d'elle est un petit amour, et parfois des tourterelles se becquètent à ses pieds.

    POLYMNIE (ou POLYHYMNIE, nom composé de deux mots grecs qui signifient beaucoup et hymne ou chanson) était la muse de la Rhétorique. Elle est couronnée de fleurs, quelquefois de perles et de pierreries, avec des guirlandes autour d'elle, et habillée de blanc. Sa main droite est en action comme pour haranguer, et elle tient de la main gauche tantôt un sceptre, tantôt un rouleau sur lequel est écrit le mot latin suadere « persuader ».

    URANIE (du grec Ouranos « ciel ») présidait à l'Astronomie. On la représente vécue d'une robe de couleur d'azur, couronnée d'étoile, et soutenant des deux mains un globe qu'elle semble mesurer, ou bien ayant près d'elle un globe posé sur un trépied, et plusieurs instruments de mathématiques. Selon Catulle, Bacchus la rendit mère de l'Hyménée.

    CALLIOPE (nom composé grec qui signifie un beau visage) était la muse de la poésie héroïque et de la grande éloquence. Elle est représentée sous les traits d'une jeune fille à l'air majestueux, le front ceint d'une couronne d'or, emblème qui, selon Hésiode, indique sa suprématie parmi les autres muses. Elle est ornée de guirlandes, tient d'une main une trompette, et de l'autre un poème épique. Les poètes la disent mère d'Orphée.

    Non seulement les Muses furent considérées comme des déesses, mais on leur prodigua tous les honneurs de la divinité. On leur offrait des sacrifices en plusieurs villes de la Grèce et de la Macédoine. Elles avaient à Athènes un magnifique autel ; à Rome elles avaient plusieurs temples. Ordinairement le temple des Muses était aussi celui des Grâces, les deux cultes étaient communs ou rarement séparés.

    On ne faisait guère de festins sans les invoquer et sans les saluer la coupe en main. Mais personne ne les a tant honorées que les poètes qui ne manquent jamais de leur adresser une invocation au commencement de leurs poèmes.

    Le Parnasse, l'Hélicon, le Pinde, le Piérus étaient leur demeure ordinaire. Le cheval ailé, Pégase, qui ne prête son clos et ses ailes qu'aux poètes, venait paître habituellement sur ces montagnes et aux environs. Parmi les fontaines et les fleuves, l'Hippocrène, Castalie et le Permesse leur étaient consacrés, ainsi que, parmi les arbres, le palmier et le laurier. Quand elles se promenaient en chœur, Apollon, couronné de laurier, et la lyre en main, ouvrait la marche et conduisait le cortège.

    On les surnommait, à Rome, Camènes, expression qui signifie « agréables chanteuses ». Leur surnom de Piérides vient de ce qu'elles fréquentaient le mont Piérus en Macédoine. Mais certains poètes donnent à ce mot une autre explication.

    Piérus, roi de Macédoine, disent-ils, avaient neuf filles. Toutes excellaient dans la poésie et la musique. Fières de leur talent, elles osèrent aller défier les Muses jusque sur le Parnasse. Le combat fut accepté, et les nymphes de la contrée, désignées pour arbitres, se prononcèrent pour les Muses. Indignées de ce jugement, les Piérides s'emportèrent en invectives et voulurent même frapper leurs rivales. Mais Apollon intervint, et les métamorphosa en pies. À cause de leur victoire dans ce concours, les Muses auraient pris le nom de Piérides.

    Le surnom de Libéthrides, donné aussi aux Muses, leur vient soit de la fontaine Libéthra, en Magnésie, soit du mont Libéthrius, lesquels leur étaient consacrés.


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  • De nombreux récits ont, au fil des âges, exalté le pouvoir des plantes. Une magie est amenée à naître, celle de l'action du monde végétal sur la vie des hommes. La première trace de cette magie est mentionnée dans une inscription égyptienne de la Onzième Dynastie (vers 2300 avant J.C.).

     

    Aussi loin que l'on puisse remonter, tous les cultes religieux ont adoptés l'usage des plantes dans leurs rites Au Moyen-Age, les sorciers nommaient « Herbes du Diable » celles qui entraient dans la composition d'onguents dont le but était la perte de conscience, le contrôle sur les instincts, le déchaînement des forces primitives enfouies dans l'être humain... Par opposition, ils nommaient « Herbes Bénéfiques » ou « Herbes Virginales », celles qui avaient des vertus bienfaisantes. Toutes les plantes sont, « par destinations et vocations », bénéfiques dans leurs principes d'utilisation. Tout dépend, premièrement, de la quantité des mélanges et des dosages, et deuxièmement, de l'intention de l'opérateur (facteur déterminant dans toutes opérations de magie pure).

     

    Traditionnellement, on associe à chaque espèce une planète et un des quatre Eléments Universels :

    • le Feu : domine l'action, la volonté, la force...
    • l'Air : apporte l'inspiration, le mouvement, l'adaptabilité, la liberté, l'aisance mentale...
    • l'Eau : attire la joie, la santé, la sentimentalité, l'émotion...
    • la Terre : offre la stabilité, la fertilité...

    La combinaison des Eléments entre eux est à l'origine de la diversité des situations et des événements. Ainsi, le mélange Eau, Air et Feu se traduira, par exemple, en passion amoureuse. La Terre peu riche en Eau et brûlée par un Feu intense apportera le dénuement financier, une vie sentimentale misérable... Respectez les groupes de plantes. Les plantes gouvernées par l'Eau se combinent avec celles qui canalisent l'Air, la Terre et bien sûr l'Eau mais pas avec celles qui sont de Feu. Chaque plante reçoit l'énergie fondamentale d'une planète (Mercure, Terre, Mars, Vénus, Jupiter, Saturne) ou d'un corps céleste (Soleil, Lune). Chacun d'entre eux gouvernent plusieurs domaines d'activités humaines. De manière générale, Vénus régit les amours, les arts, la sensualité et Mars, la guerre, la lutte, le courage...


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  • Quelques règles à respecter


    Tout d'abord, notez que vos plantes devront être placées dans des pots ou bocaux en verre, porcelaine, faïence mais surtout pas en métal. Ensuite, il faudra les isoler dans un placard afin que la lumière du jour n'altère pas leurs propriétés. Veillez également à les protéger des regards indiscrets. Toutes les plantes sous forme de poudre devront être mélangées avec une cuillère en bois. Comme vous ne cueillerez pas vous-même toutes vos plantes, il faudra penser à compenser l'absence des conditions traditionnellement requises pour la cueillette et procéder à leur charge qui rendra aux végétaux leurs vertus premières. Cette charge s'effectuera au moment de l'utilisation des plantes, après les avoir broyées en poudre

     

    Préparer ses plantes

    Vous devrez rincez soigneusement toutes vos plantes fraîches à l'eau de source : débarrassez-les ainsi de toutes les impuretés et des éventuelles traces de terre. Faites-les ensuite sécher entre des feuilles de papier absorbant, coincées par une presse, puis rangez-les à l'abri des regards indiscrets. Lorsque les plantes seront bien sèches, voire cassantes, réduisez-les en une poudre que vous placerez dans des petits sachets de papier. Rangez chaque plante de façon individuelle afin de ne pas faire de mélanges. N'oubliez pas d'identifier le sachet en indiquant la nature de la poudre.

     

    Comment les utiliser

    Il existe plusieurs procédés pour utiliser les bienfaits des plantes :

    • Par le feu : Brûlez de la poudre de plantes sur un peu de charbon ardent. Allumez également des bougies de couleur différente en fonction de l'objectif du rituel.
    • Par le bain : Reportez-vous à la rubrique « bains magiques » pour découvrir l'art du bain , les différents types de bains magiques et les ingrédients à utiliser.

     

    Les différentes formes

    Les poudres : après avoir été séchées et réduites en poudre, les plantes s'emploieront de différentes façons (en gélules, ajoutée aux aliments, en infusion, dans les huiles, brûler sur du charbon...).

    Les infusions : dans une tasse d'eau bouillante, placez environ 1 cuillerée de plantes fraîches. Laisser infuser environ 10 minutes.

    La macération : la plante doit être trempée dans un liquide froid (vin, eau, huile...). Laissez macérer un bon moment (10 heures en moyenne) selon la nature de la plante.

    La décoction : remplissez une casserole d'eau froide et ajoutez-y la plante. Portez le tout à ébullition de 10 à 30 minutes selon la plante.

    Les onguents : ce sont des crèmes onctueuses qui permettent de se frictionner la peau (de la vaseline neutre, par exemple) auxquelles on ajoute des substances végétales. L'action des onguents est plus efficace la nuit que le jour : utilisez-les donc le soir après avoir pris un bain avant d'aller vous coucher. L'onguent agit sur la vibration qu'émet les centres psychiques de l'être humain (chakras) : il faudra donc enduire d'onguent ces parties du corps. Pour préparer votre onguent, sur votre autel, allumez deux bougies blanches. Faites une prière pour demander la protection et l'aide divine. Ensuite, videz 2 ou 3 tubes de vaseline neutre dans un grand bol en terre ou en verre et mélangez à la mixture les plantes (réduites en poudre) qui conviennent au rituel, à l'aide d'une cuillère en bois. Pendant tout le temps que vous procéderez à ce mélange, pensez fortement à votre demande, à son objectif et dites-le à haute voix (par exemple « guérison des lésions éthériques »). Versez la préparation dans un pot de terre ou de verre (attention : veillez à ce que le couvercle ne soit pas métallique). Procédez ensuite au chargement de l'onguent

    Les huiles :Broyez les plantes à l'aide du mortier et placez-les dans unlinge avec des petites pierres qui empêcheront le tout de flotter. Cousez le linge afin d'en faire un sachet bien fermé. Placez-le, ainsi lesté, dans le bocal et remplissez-le d'huile d'olive pure. Rangez-le bocal à l'abri de la lumière pendant 40 jours. Tous les deux jours, remuerez le sachet pendant une trentaine de secondes. Les quarante jours passés, videz l'huile du bocal (en la filtrant à l'aide de l'entonnoir et du filtre à café) dans une bouteille de verre sombre.


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